7 février 2010

Gainsbourg, vie héroïque

Je l’ai vraiment bien aimé ce film. On a beaucoup dit, et oui, Eric Elmosino est extraordinaire, il incarne vraiment Gainsbourg. Oui, Lætitia Casta (L – A – E dans l’A – T – I – T – I – A) en Bardot est… sublime. Le film est bien joué, bien vu, bien ficelé.

Déjà, au départ, Gainsbourg, je le connais pas plus que ça. De son vivant, ce dont je me rappelle, c’est qu’il n’était qu’une épave qui me rappelait bien trop mon grand’père pour que je le trouve attachant. D’aucuns le voient comme un rockeur, « le seul vrai rockeur en France » ais-je tout récemment entendu de la bouche des BB Brunes. Et là, je ne comprends pas, car, dans le fond, c’est quoi un rockeur ? Le débat est ouvert.

Bref, Gainsbourg, moi, a priori, je m’en fiche (sauf L’homme à la tête de choux… Quel album !). Je suis allé voir le film parce qu’on me l’a proposé, j’ai suivi.

Et depuis, le film m’est resté dans la tête. J’y ai pensé depuis, tous les jours. Je crois qu’en filmant cette « vie héroïque », Sfar, avec une très belle sympathie pour son personnage, nous montre un Gainsbourg échouant dans ce qu’il aurait voulu être (peintre) et réussissant dans un art qu’il n’a jamais considéré autrement que mineur (la chanson).

Un artiste raté, un héros tragique.

Le film ne saurait se regarder sans se plonger en même temps dans la BD, œuvre à part entière (et non support promotionnel habituel du genre ‘le film en BD’) et surtout excellente… Le Sfar que j’aime (et hop, dans la liste des trucs à s’offrir bientôt) !

Bref, tout plein de raison pour y aller, vraiment…

20 janvier 2010

Contaminame

J’ai découvert cette chanson dans un très joli film espagnol, Va a ser que nadie es perfecto : l’histoire de la dernière soirée de célibataire d’un aveugle accompagné de ces deux compagnons : un sourd et un unijambiste. Très chouette film…

Et donc, dans ce film, il y a cette chanson de Pedro Guerra qui me trotte dans la tête depuis que je l’ai mise sur mon ordi. Une jolie déclaration d’amour : « Contamine-moi, mélange toi à moi… »

Pedro Guerra – Contaminame

Et si vous voulez les paroles, cliquez !

13 janvier 2010

Invictus

Dans le cadre des résolution de la nouvelle année que je ne prends jamais (pas fou, le gars : on les tient pas !), je me suis dit qu’il faudrait que je sorte un peu plus cette année, sortir de cet enfermement professionnel (et personnel) de 2009.

Ca commence par le ciné. Je me suis souvent dit que j’aimerais bien voir tel ou tel film sans prendre le temps d’y aller (tellement plus simple de se dire qu’on ne l’a pas, le temps), et donc là, je me bouge un peu.

Je voulais aller voir Invictus, j’y suis allé dès aujourd’hui… et je n’ai pas été déçu !

Déjà, le rugby, j’aime bien. Je vais voir des matches quelques fois, j’ai même reçu une belle écharpe de supporter (ma première – snif !) !

Et puis Mandela… Disons que mon éveil politique s’est fait grâce à la chanson Mandela Day des Simple Minds :

Petit bout de 10 ans, j’avais été révolté par l’enfermement de cet homme, par l’Apartheid. Je me souviens avec émotion du jour de sa libération aussi, le 11 février 1990. C’était juste après les événements de 1989 : on sentait vraiment un vent nouveau se lever (un Wind of Change ?), un espoir qui allait marquer le début des années 90 et dont on a signé l’acte de décès définitif avec la nouvelle Intifada et les attentats du 11-septembre.

Tout me destinait donc à aller voir Invictus. J’avoue ne pas avoir été déçu. Le film se situe entre la libération de Mandela (joué par Morgan Freeman) et la victoire des Springboks en finale de la coupe du Monde de rugby de 1995. L’Afrique du Sud ne s’est pas soudainement réveillée de l’Apartheid en tirant un trait sur son passé. Mandela élu, les rancœurs demeurent, les divisions aussi. Et la fracture entre blancs (Afrikaners) et noirs semble béante. Le sport en est le reflet, bien entendu : le rugby est le sport afrikaner par excellence, ses joueurs sont blancs, formés dans les meilleures et les plus chères universités inaccessibles à la population noire, ses couleurs sont celles de l’Afrique-du-Sud de l’apartheid. Les noirs, eux, jouent au football.

Mandela va tout de même se servir du rugby pour essayer de fédérer la nation autour des Springboks alors même que le pays signe son retour dans le « concert des nations » en accueillant la coupe du monde de rugby de 1995. L’objectif est ici de ne pas perdre les Afrikaners, de gagner leur soutien dans l’effort de construction d’une nation. Pour l’y aider, il contacte le capitaine de l’équipe, François Pienaar (Matt Damon) qui va comprendre et aider les aspirations de son président. C’est la naissance de la Rainbow Nation, fédérée autour de son nouveau drapeau, de son nouvel hymne (chanté en 5 des 11 langues officielles) et de ses antilopes sauteuses.

Là où le film est intelligent, c’est, au delà de l’émotion qu’il s’en dégage, de montrer les difficultés qu’ont chacun à collaborer. Eastwood choisi un angle intéressant pour montrer ses difficultés : celui de l’intégration des gardes du corps de Mandela à ceux de de Klerk, des Afrikaners pur jus. Collaboration difficile et voulue par Mandela, comme dans tous les compartiments de la société. Changement radical qui est voulu et imposé d’en haut : loin d’une volonté de revanche, Mandela impose le pardon, la réconciliation, la générosité comme vertus nationales.

Un film à voir donc…

On peut aussi faire le rapprochement avec Goodbye Bafana, film de 2007 traitant de Mandela prisonnier (Dennis Haybert) et de ses rapports son geôlier (Joseph Fiennes). Très bien aussi ;-)

4 janvier 2010

Misc. Collège

Nouvelle année, nouveau poste, me voici enseignant d’UPI (j’y reviendrai plus tard) dans un collège.
Après la première journée, bilan non exhaustif :
- c’est grand un collège, on s’y perd (si, si) et y’a tout plein de profs qui parlent de tout plein de classes différentes (voire même de celles qu’ils ont en commun, dingue !)
- heureusement, ils parlent tout de même de leur progéniture, de leur premièr(e) dent/rot/mot/pas ou de la consistance de leur caca. C’est fou ce que ça se reproduit les profs, qu’ils soient du primaire comme du secondaire !
- le principal et le principal adjoint sont en costard cravate et tout le monde leur dit « vous ». Ce ne sont pas des collègues comme le sont les directeurs d’école
- les élèves disent « vous » à leur enseignant… C’est d’ailleurs la première fois que des élèves me vouvoient systématiquement et qu’on m’appelle « Monsieur ». Mais ouf, certains me donnent du « Maitre », je ne suis pas trop dépaysé !
- on a des armoires a combinaison secrète afin de protéger un matériel pédagogique de première importance, style un poste pour écouter les excellents cd de langue vivante ;)
- des gens sont payés pour surveiller les élèves pendant la récré. Dingue : les profs ont le temps d’aller boire un café À LA MACHINE À CAFÉ ! Gratuite aujourd’hui en plus (ce qui pose la question : le café dégueulasse est-il meilleur gratuit que payant ??)
- à suivre…

7 décembre 2009

Émotions

Arrivé à l’école ce matin.

Une élève vient m’annoncer que sa tante est décédée ce week end, elle ne sera pas là demain.

Une autre arrive celui du cousin de sa mère, un accident de moto, il laisse une femme, deux enfants…

Je bouscule alors mon programme de la journée et décide de leur lire Un marronnier sous les étoiles de Thierry Lenain.

L’histoire de Jules, infirmier, qui s’est fermé après la mort de son grand père. Cœur de pierre, rien ne le touche, pas la disparition de ses patients, rien… Depuis la mort de son grand père, il ne pleure plus. Jusqu’à Lola. Elle a 8 ans, victime d’un accident de la route. Elle est complètement paralysée (sauf la tête). Ses parents sont morts, mais personne ne lui dit « pour son bien ». Elle est souriante, détachée et lorsqu’elle lui demande des nouvelles de ses parents, il ne peut pas lui mentir… Elle, petite fille cassée, condamnée, elle va lui faire le plus beau des cadeaux, à Jules. Elle va lui rendre ses émotions.

Cette histoire m’avait touché quand je l’avais découverte, mais j’avais toujours hésité à la lire à des élèves. Je suis bien content de l’avoir fait, finalement. On ne parle pas de ce genre de sujet en classe. En parle-t-on seulement vraiment aux enfants ? En tout cas, ils ont profité de pouvoir le faire cet après midi.

Et c’était chouette !

14 novembre 2009

2 liens liés, mais qui n’ont aucun rapport !

Ah ça, c’est du titre !!!

J’ai regardé hier le documenteur sur la fin du monde diffusé l’autre jour par France 4. Vous savez, 2012, le calendrier maya, Nostradamus, Jean de Jérusalem, la planète qui n’existe pas, tout ça… Il est disponible sur le site de la chaîne.

Je l’ai trouvé chouette, parce que rigolo et plutôt bien foutu ; la démarche me plaît bien : on utilise les armes des « conspirationnistes » pour les retourner contre eux : témoignages tronqués de spécialistes, images parlant d’elle même, etc…

Ça ressemble à beaucoup de films qui tournent sur le net sur le 11-septembre (j’en ai vu beaucoup, aucun ne m’a convaincu -tous, en ne cherchant qu’à convaincre, déforment la réalité dans leur propre sens), ça ressemble aussi à Opération Lune de William Karel.

Et dans ce film, il y a un extrait d’une interview du big boss de Nestlé, réalisée pour le film We feed the world, dans laquelle il nous livre uen opinion qu’il juge extrêmiste : faire de l’eau un service public !

Regardez autour de 4 minutes sur cet extrait (il nous livre auparavant ses vues sur les aliments OGM, c’est aussi pas mal !) :

11 novembre 2009

Autre classe : tout est différent…

J’ai vécu mardi un premier conflit avec un parent d’élève. Je pense qu’il était latent depuis la réunion parent-prof au cours de laquelle un différent nous avait opposé. J’avais « gagné » à l’époque, emportant le soutien de la majorité des autres parents.

Mais là, non, elle est allée au clash, je m’en suis pris plein la gueule, flanchant, je dois l’admettre, sous l’accusation larvée d’incompétence qui m’a fait très très mal.

Oh, je sais pourquoi elle a fait tant mal, c’est parce qu’elle a visé juste. Insécure, je le suis depuis que j’ai commencé ce travail. J’y mets beaucoup de moi et je veux faire les choses bien. Du coup, je doute tout le temps de la qualité de ce que je fais. Ce doute est une force, j’en suis sûr : il me permet d’être toujours en éveil. Mais il ronge aussi : suis-je à la hauteur ? Ne vais-je pas trahir mes élèves et les laisser en chemin ? Est-ce que je ne suis pas dangereux (pédagogiquement parlant) pour eux ?

Alors prendre en pleine face ce soupçon, ça a été difficile.

Et il vient confirmer un peu ce ressenti que je traîne depuis la rentrée. Je n’arrive pas à me faire à cette classe. Je suis fautif, bien entendu : je la juge à l’aune de celle de l’an dernier. C’est une erreur manifeste, peut être même une erreur de débutant, mais que j’ai eu du mal à me séparer d’eux, que j’ai eu du mal à en faire mon deuil !

Du coup, je crois qu’inconsciemment, je me protège plus. Je deviens plus professionnel, plus détaché car, émotionnellement, ce fut affreux de les laisser partir. Les rapports que j’ai avec cette nouvelle classe sont différents, plus mesurés. Plus que ça, autant j’ai eu l’impression de me livrer avec celle de l’an dernier, autant avec celle-ci, je joue plus un jeu. Je joue mon rôle de prof, je ne le vis plus totalement.

Mais cette distance (dont on nous a tant dit qu’elle est nécessaire  et intrinsèque à la relation éducative) est aussi difficile à assumer pour le moment. Je ne m’investis plus comme avant, je ne me sens pas autant impliqué… et la motivation s’en va un peu. C’est plus dur de se lever le matin…

Je pense que tout ça va se tasser, mais je crois que quelque chose s’est cassé le 2 juillet cette année et s’est perdu à jamais !

D’ailleurs, j’en ai élaboré une théorie sur pourquoi les instits se reproduisent beaucoup (toutes les écoles ont des congés maternité, j’ai l’impression !). Il est tellement difficile de laisser partir une classe, une fois par an (!), que c’est un réconfort que d’avoir des enfants à la maison qu’on peut accompagner et voir grandir vraiment. Car on ne fait que croiser la vie de nos élèves, et pendant quoi, une dizaine de mois ? Ce ne sont pas tout à fait les mêmes quand on leur dit « au revoir » une dernière fois. Mais notre rôle s’arrête là. Et on aimerait tellement qu’il continue…

Petite illustration pour terminer : http://www.acces-editions.com/vidberg.php?ref=7

10 novembre 2009

Copenhagen ‘09

Je suis tombé sur un petit clip du WWF pour la conférence qui s’en vient.

J’espère qu’elle ne sera pas l’échec qu’on lui prédit… Wait and see ;-)

En tout cas, la vidéo est simple, réalisée sur les plages d’Ostende, et sur de la musique gracieusement prêtée par U2…

Enjoy !

Dance for the climate – Dansez pour le climat

9 novembre 2009

Quand l’histoire s’écrit sous nos yeux…

Le 9 novembre 1989 fait partie de ces jours dont on se souvient.

J’étais en 6e, je n’ai appris la Chute du Mur de Berlin que le lendemain matin, le 10 septembre, mon père m’ayant réveillé tout exprès pour me le dire. J’ai cru à une blague !!

Je me souviens aussi avoir passé ma soirée à regarder la télé, avec toute la famille. L’histoire, la vraie, la grande, s’écrivait là, elle nous avait tous pris par surprise, ce qui semblait impossible 2 jours plus tôt était devenu réalité. Et nous pensions, naïvement, qu’une nouvelle ère s’ouvrait devant nous, différente, meilleure…

Je crois que cette impression s’est définitivement effondrée avec les tours jumelles, un autre jour dont tout le monde se souvient.

Pour célébrer, je souhaitais mettre un petit peu de musique. Certes, le thème de la chanson n’a aucun rapport, mais puisque je l’aime bien ET que je l’ai entendue live samedi soir ;-)

Placebo – 20 years

PS coucou à Ariane (même si elle ne doit pas me lire…) qui m’a fait découvrir cette chanson via le forum du Bookcrossing, dans une autre vie…

28 octobre 2009

Barça ! Barça ! Baaaaaarça !

Dimanche soir, je suis allé voir un match du FC Barcelona en leur « antre » du Camp Nou contre Zaragossa. Les visiteurs ne sont pas venus pour rien et se sont pris une sérieuse valise : 6-1.

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Ce stade, c’est une vraie claque ! J’ai un peu l’habitude de Gerland que je ne fréquente pas souvent, mais quand même. Là, ça n’a juste rien à voir : 75 000 personnes dans un stade très resserré : les tribunes commencent presque au bord du terrain. C’est un chaudron, un vrai (suivez mon regard). Grosse ambiance alors même que ce n’était pas un match vraiment important.

La chose qui m’a le plus marqué, c’est l’entrée des joueurs qui se fait sur l’hymne du club, dont les paroles passent sur l’écran. C’est plutôt sympa, ça permet aux « étrangers » de pouvoir chanter aussi et de hurler à pleins poumons :

Blaugrana al vent, un cri valent

Tenim un nom, el sap tothom

BARÇA! BARÇA!

BAAAAAAARÇA!

Très impressionnant, vraiment !

Et comme je suis sympa, je vous en fait profiter de cet hymne. Attention, 1, 2, 3 :

L’original pour commencer, délicieusement vieillot avec sa fanfare :

Le même, filmé des tribunes pour le « classico » (le vrai, aussi, pas la pâle copie française inventée par Canal +) contre le Real, avec de jolis tifos :

Modernisé (?) et surtout massacré par Gisela, une chanteuse locale. À voir (honnêtement, Maria Carey n’a pas fait mieux avec l’hymne américain pour le Superbowl et c’est pas faute d’avoir essayé !)

Entre nous, à part la version de Gisela, ça a plus de gueule qu’un « qui ne saute pas n’est pas lyonnais« , non ? Franchement !

Pour terminer comment passer à côté d’un autre monument absolu du football européen, le Liverpool FC et leur « You’ll never walk alone » que j’ai chanté à tue tête un soir de mai 2005 pour une finale de Ligue des Champions qui restera mémorable (et ce n’est pas Stephen qui dira le contraire !)