Archives mensuelles : septembre 2009

Je dis musique (24) – épisode 3

Un de mes moments préférés des Inconnus…

Un sketch peu connu, mais vraiment excellent et il parle de musique, évidemment !

Les Inconnus -Le bonheur au quotidien

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Je dis musique (24) – épisode 2

Allez allez, on continue, avec de la musette, « parce qu’on peut mettre la bière dedans !! »

*souvenirs de Rapido, l’émission d’Antoine de Caune, très bien parodiée pour présenter la Négrabouch Beat*

Les Inconnus – C’est toi que je t’aime

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A ma fenetre…

De la fenêtre de mon nouveau chez-moi…

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Je dis musique (24) – episode 1

Nouveau concept : le message filé sur 3 jours !

Mais comment faire autrement ? J’ai redécouvert les Inconnus (encore une fois, ça doit bien m’arriver 1 fois tous les 2 ans !).

Alors on y va, pour mon best-of musique des Inconnus. Aujourd’hui, l’engagement politique 100 % de Florent Brunel !

Les Inconnus – Florent Brunel

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Nature morte

En direct de la formation…

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Je dis musique (23) ou l’autre 11 septembre

L’autre 11 septembre, c’est celui de 1973.

Quand Augustin Pinochet, chef de l’armée chilienne, avec l’appui et la bienveillance de la CIA, renverse Salvador Allende. Ce dernier, pris au piège dans son palais présidentiel se suicide alors. Le pays plonge dans la répression : enlèvements, exécutions sommaires, charniers.

Et la musique dans tout ça ?

Je souhaitais évoquer Victor Jara.

Acteur, chanteur chilien, il s’engage aux côtés de Salavdor Allende et de son Unidad Popular. Il milite lui même, écrit des chansons politiques, devient une figure, un symbole.

Il est arrêté par les militaires lors du coup d’état, jeté, comme 40 000 autres, dans le Stade national, torturé. On lui brise les mains, on lui coupe les doigts, un de ses geôliers lui lance : « Chante maintenant, pour ta putain de mère« .

Il se retourne alors vers ses co-détenus et entonne l’hymne de l’Unidad Popular. Les militaires tirent…

La chanson de ce jeudi, c’est Te recuerdo Amanda. C’est une chanson qu’on chante, parmi tant d’autres, parfois, au coin du poële…

Victor Jara – Te recuerdo Amanda

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Des libérateurs ? La libération par l’armée du crime !

J’imagine que tout le monde connaît cette affiche et plus ou moins son slogan :

Affiche_rouge_tgd

Il s’agit de la célèbre « Affiche Rouge », placardée sur les murs de France afin de stigmatiser les actions de la Résistance intérieure qui a saboté les intérêts allemands et tué soldats et officiers.

Ce groupe, dirigé par Missak Manouchian,  appartenait aux FTP – MOI (Francs Tireurs Partisans – Main d’œuvre Immigrée) un groupe résistant communiste. Il était composé de personnes d’horizons divers : hongrois, polonais, italiens, espagnols, arméniens. Tous ont fui vers la France… Et quand vint le tour de la France de tomber, ils n’ont pu aller plus loin : ils sont resté, ont combattu, y sont morts…

Morts pour la France.

Le film de Robert Guédiguian débute sur la lecture en voix off des noms du groupe Manouchian, chacun suivi de la mention « Mort pour la France ». Car tous sont tombés pour cette France, ou en tout cas pour l’idée qu’ils s’en faisaient, ce pays des Droits de l’Homme et des Libertés, ce pays dont l’administration s’est fourvoyée en collaborant avec l’envahisseur et qui les combat désormais.

Ce groupe d’immigrés qui parlent le français entre eux, ce groupe d’immigrés à jamais entrés dans notre mémoire collective et qui a sauvé l’honneur de la France : voilà le sujet de l’Armée du Crime. Ce n’est pas un film d’action en tant que tel, plutôt une exploration de la vie de ces hommes et de ces femmes qui ont choisi un engagement total, mettant en jeu leur existence même, pour la défense de leurs idées : la vie, le bonheur et la croyance en un monde meilleur et « si nous devons tuer, nous sommes du côté de la vie », résume un personnage.

Le film se bâtit autour de plusieurs tableaux, parfois assez espacés les uns des autres. Il couvre la période 1941-1944, sans insister sur le déroulement de la « grande » histoire. Peu de dates, mais là n’est pas le propos : il s’agit d’entrer dans le quotidien de la vie à Paris sous l’Occupation (avec un grand souci d’exactitude et de reconstitution) et de ces résistants clandestins qui font le grand écart entre les risques qu’ils prennent et leur vie personnelle.

Une scène m’a particulièrement touché et résume assez bien le message de ce film. Lors d’une fête commémorant la création de la République Soviétique Socialiste d’Arménie (donc intégrée à l’URSS), après qu’on eut joué l’Internationale Missak Manouchian porte un toast en ces mots « Vive la France, vive l’Arménie, vive le mouvement international ouvrier »… Dans cet ordre là…

Finalement, ce film est un film sur l’immigration. Il insiste sur l’apport majeur de ces immigrés à la résistance française. Cet apport a été largement sous estimé, en partie à cause des efforts de réconciliation nationale menés après la guerre : il était important que les français eussent été résistants.

Et pourtant, à l’instar d’Indigènes qui montrait des combattants nord-africains dans les Forces Françaises Libres qui avaient répondu à l’appel de la « Patrie en danger », à l’instar de ces espagnols de la Nueve, cette 9e compagnie appartenant à la célèbrissime 2e DB du général Leclerc et qui ont libéré Paris (le premier char à passer la Porte d’Orléans, le 24 août 44 au soir ne portait-il pas le nom de Guadalajara ?), cette histoire de l’immigration est toute à l’honneur de notre pays. De ce qu’il a représenté pour tous ces gens, de ce qu’il devrait toujours représenter…

Pour terminer, je renvoie à la lettre que Missak envoya à sa femme, Mélinée, avant d’être exécuté.

Lettre dont Aragon fit un poème et que Léo Ferré mit en musique.

Ma Chère Mélinée, ma petite orpheline bien-aimée,

Dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. Nous allons être fusillés cet après-midi à 15 heures. Cela m’arrive comme un accident dans ma vie, je n’y crois pas mais pourtant je sais que je ne te verrai plus jamais.
Que puis-je t’écrire ? Tout est confus en moi et bien clair en même temps.

Je m’étais engagé dans l’Armée de Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la Victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n’ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu’il méritera comme châtiment et comme récompense.

Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps. Bonheur à tous… J’ai un regret profond de ne t’avoir pas rendue heureuse, j’aurais bien voulu avoir un enfant de toi, comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre, sans faute, et d’avoir un enfant pour mon bonheur, et pour accomplir ma dernière volonté, marie-toi avec quelqu’un qui puisse te rendre heureuse. Tous mes biens et toutes mes affaires je les lègue à toi à ta sœur et à mes neveux. Après la guerre tu pourras faire valoir ton droit de pension de guerre en tant que ma femme, car je meurs en soldat régulier de l’armée française de la libération.

Avec l’aide des amis qui voudront bien m’honorer, tu feras éditer mes poèmes et mes écrits qui valent d’être lus. Tu apporteras mes souvenirs si possible à mes parents en Arménie. Je mourrai avec mes 23 camarades tout à l’heure avec le courage et la sérénité d’un homme qui a la conscience bien tranquille, car personnellement, je n’ai fait de mal à personne et si je l’ai fait, je l’ai fait sans haine. Aujourd’hui, il y a du soleil. C’est en regardant le soleil et la belle nature que j’ai tant aimée que je dirai adieu à la vie et à vous tous, ma bien chère femme et mes bien chers amis. Je pardonne à tous ceux qui m’ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendus. Je t’embrasse bien fort ainsi que ta sœur et tous les amis qui me connaissent de loin ou de près, je vous serre tous sur mon cœur. Adieu. Ton ami, ton camarade, ton mari.

Manouchian Michel.

PS. J’ai quinze mille francs dans la valise de la rue de Plaisance. Si tu peux les prendre, rends mes dettes et donne le reste à Armène. M. M.

Capture d’écran 2009-09-18 à 18.50.54

PS j’ai beaucoup pensé à Pepe lors de ce film. Pepe, de son vrai nom Jose Haya Baviera (Pepe est le diminutif de Jose en Espagne) était un anarchiste espagnol immigré en France en 1938. Il avait une dizaine d’année. Il a « visité » quelques camps d’internement avant que sa mère ne trouve du travail en Ardèche. Là, à 14 ans, il entre dans la Résistance, manie la dynamite et participe à la libération de villes ardéchoises. Il devient ouvrier après la guerre.

Je me souviendrai toujours de son émotion lorsqu’il nous a raconté comment il était devenu français

Je n’ai jamais pu m’empêcher de penser que, quelque part, il était plus français que moi : il l’avait gagnée sa nationalité et ça comptait tellement pour lui…

Hasta luego, Pepe !

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