Archives mensuelles : octobre 2008

Work In Progress


Bon, « on » m’a dit ce week end que le blog n’était pas joli…

C’est vrai, alors je le change, mais voilà, maintenant, il est tout blanc !

Heureusement, j’ai demandé à J. de me faire une bannière, je verrai à changer les couleurs plus tard, mais je lui ai donné carte blanche, on verra ce qu’elle me fera (en passant, pas pressé, hein, tu as bien d’autres choses à faire en ce moment 😉 ).

En attendant, bin, je ferais quelques essais, pis on verra bien ce que ça donne… mais pour aujourd’hui (et plus, certainement) ce sera blanc

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Noyer le poisson

Les infos hier : d’un côté, la crise financière/économique, les chômages partiels, l’augmentation des chiffre bruts du chômage au mois de septembre (avant même le début de ce charivari financier, soit dit en passant), de l’autre, le numéro des départements sur les plaques d’immatriculation.
Bizarrement, l’info la plus commentée du jour a été celle sur les plaques d’immatriculation. Je ne peux que m’étonner de l’heureuse collision des informations qui rend plus commentée une information somme toute sans importance au détriment d’autres qui donneraient de notre gouvernement une image plutôt négative (pensez, le gouvernement du pouvoir d’achat et du plein emploi grâce aux heures supplémentaires défiscalisées qui subit une deuxième hausse consécutive du chômage AVANT le véritable début de la crise financière qui devrait considérablement aggraver tout ça)…

Voilà, mais bon, puisque nos députés se sont fièrement battus au sein d’un collectif « non partisan », réjouissons-nous de leur victoire, réjouissons-nous d’avoir nos 69, 75, 59, 13, 63, 26 ou 30 fièrement porté au cul de nos voitures, ça fera toujours oublier le reste !

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"Il faut bien fermer les portes, il y a la police partout"

Je ne sais pas, je trouve qu’il y a quelque chose qui ne va pas dans un pays où le premier réflexe quand on croise des policiers, c’est celui d’avoir peur…

Je mets ici la vidéo prise par Ladj Ly sur l’interpellation plutôt musclée à Montfermeil… C’est ici la vidéo non montée, 17 minutes au total.

J’en profite pour reparler de l’excellent site d’infos http://www.rue89.com qui est un des seuls que je trouve vraiment lisible en ce moment !

Et les liens vers les articles de rue89.com :
Le premier article ici avec la vidéo montée ; le second, avec la vidéo non montée là.

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What if he is ?

Bon, ça fait un bail que je n’ai pas abordé le sujet des élections américaines… mais là, je suis impressioné !
Tout le monde connaît Colin Powel. Cet emblématique colonel noir de la première guerre du Golfe, Républicain convaincu, Secrétaire d’État (= ministre des affaires étrangères) lors du premier mandat de George Walker Bush ?

Il a fait une déclaration aujourd’hui pour annoncer quel était le candidat qu’il soutenait… Et il s’agit bien d’Obama et non de McCain !

Il reste Républicain, mais regrette le virage très à droite que prend son parti. Il voit aussi comme une erreur de McCain d’avoir choisi Palin comme co-listière, car, dit-il « elle n’est pas prête à être Présidente, et c’est justement ça le boulot du Vice Président : être prèt à assumer la fonction le jour J ».
Il regrette aussi la tournure de la campagne de dénigrement contre Obama, notamment en ce qui concerne ses accointances avec William Ayers, un ancine activiste d’extrême gauche impliqué dans des attentats contre des bâtiments fédéraux dans les années 60 et 70. Powell juge inique cette campagne qui tente de faire passer Obama pour un terroriste (on sait ce que ce mot a d’insultant aux USA !)
Enfin, il évoque les rumeurs comme quoi Obama est un musulman. Il réfute, car Obama est un chrétien, mais pour lui, la vraie question à se poser c’est « what if he is ? », et s’il l’était ? En quoi est-ce une tare que d’être musulman et de souhaiter devenir Président des USA ? « Ce n’est pas l’Amérique, ça ».
Et Powell d’évoquer la tombe de ce soldat américain de 20 ans mort en Irak : « il n’y a pas de croix sur la tombe, pas d’Étoile de David, mais un Croissant et une étoile représentant la foi islamique : il n’avait pas 14 ans le 11 septembre, et il a attendu de pouvoir s’engager pour défendre les États Unis »…

Ce discours est en quelque sorte une autre incarnation de ce rêve d’intégration, de mélange, de ce rêve que chaque personne peut trouver sa place aux États Unis…
Le rêve américain !

Et un lien qui nous en dit plus encore (et surtout mieux que moi qui cite de mémoire… bouh ! Vilain journaliste que je suis !) :
http://www.ilovepolitics.info/Colin-Powell-offre-a-Barack-Obama-ses-credits-de-commander-in-chief-_a1069.html

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41 shots

En plus d’écouter des vieilleries genre Pink Floyd à 15 ans, il m’arrive parfois (même souvent) en ce moment, d’écouter du récent, genre Bruce Springsteen (!!).
En ce moment, le hit de ma voiture, c’est le live à New York City du Boss enregistré en 2000 et disponible en double cd et dvd (qu’il va falloir que je m’offre un jour, par ailleurs…).
Dans ce live, on y trouve une bonne partie de ce qui a fait de Bruce « the Boss » : des hits incontournables, comme Atlantic City, The River, Born to run, Born in the USA dans une version hallucinante… Bref que du bon pour aller et revenir du boulot !
Au milieu du 2e cd, il y a une chanson qui m’intriguait pas mal. Le titre American Skin. Un peu lancinante parfois, avec une phrase qui revient tour le temps : « 41 shots ».

Imaginez…

Vous êtes immigré guinéen, noir, habitant New York dans le Bronx en 1999. Vous êtes Amadou Diallo, et vous avez le malheur de ressembler au portrait robot d’un violeur en série.
4 policiers blancs en civil croient vous reconnaître et vous interpellent.
Vous prenez peur et la fuite avec jusqu’à votre maison. Les policiers vous rejoignent devant votre porche.
Des cris fusent, des ordres et vous, vous cherchez quelque chose dans votre poche.
Le cri claque « Une Arme ! »
Les coups de feu répondent… Un des policiers glisse, les trois pensent qu’ils est touché…
41 coups de feu en tout.
41 !
Pour un portefeuille…

41 shots
41 shots
41 shots
41 shots
41 shots
41 shots
41 shots
41 shots

41 shots, and we’ll take that ride
Across this bloody river to the other side
41 shots, they cut through the night
They’re kneeling over his body in the vestibule
Praying for his life

Is it a gun?
Is it a knife?
Is it a wallet?
This is your life

It ain’t no secret (it ain’t no secret)
It ain’t no secret (it ain’t no secret)
Ain’t no secret my friend
You can get killed just for living in your American skin

41 shots
41 shots
41 shots
41 shots

41 shots, Lena gets her son ready for school
She says now on these streets Charles
You got to understand the rules
*If an officer stops you promise me you’ll always be polite*
Never ever run away and promise mama you’ll keep your hands in sight

Cause is it a gun?
Is it a knife?
Is it a wallet?
This is your life

It ain’t no secret (it ain’t no secret)
It ain’t no secret (it ain’t no secret)
No secret my friend
You can get killed just for living in your American skin

41 shots
41 shots
41 shots
41 shots

Is it a gun?
Is it a knife?
Is it a wallet?
This is your life

It ain’t no secret (it ain’t no secret)
It ain’t no secret (it ain’t no secret)
It ain’t no secret (it ain’t no secret)

41 shots and we’ll take that ride
Across this bloody river to the other side
41 shots my boots caked in mud
We’re baptized in these waters and in each other’s blood

Is it a gun?
Is it a knife?
*Is it in your heart?*
*Is it in your eyes?*

It ain’t no secret (it ain’t no secret)
It ain’t no secret (it ain’t no secret)
No secret my friend

You can get killed just for living in
You can get killed just for living in
You can get killed just for living in
Your American skin

41 shots
41 shots
41 shots
41 shots
41 shots
41 shots
41 shots« 

Cadeau bonus : Born in the USA

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Je n’aurais pas fait la guerre du Viet Nam !

Certes, avec un titre pareil, il va falloir que je m’explique…
Je regardais aujourd’hui un épisode de Cold Case, une de mes séries policières préférées (saison 2, épisode 13, je pense).
L’histoire nous propulse ne décembre 1969, au moment du premier tirage au sort d’enrôlement dans l’armée américaine…
Depuis 1940, la draft est réinstaurée dans l’armée américaine. Le principe, c’est que l’amrée manque de volontaires : on va donc les désigner d’office. Mais comme on a pas besoin de tout le monde, ben il faut choisir. La méthode : le tirage au sort par date de naissance. À date programmée, on tire au sort l’ordre dans lequel les jours de naissances vont être appelés. On appelle dans l’ordre du tirage (du premier au 366e), mais on s’arrête quand on a atteint le quota. Le tirage au sort était télévisé, en 1969, et sortir dans les premiers signifiait gagner un aller simple (retour en option) pour Saïgon. Méchant tirage, hein ?
Du coup, devant cet épisode où le résultat de l’enquête est quelque peu lié au fait qu’un des protagonistes est né le 14 février et que cette date a été tirée en 4e, je me demande ce qu’il me serait arrivé à moi à la même époque : quel est le rang de ma date d’anniversaire (25 août) ? Alors je m’en suis reposé à la magie d’Internet et j’ai trouvé ce site sur les draft de 1969, 1970, 1971 et 1972. Vous pourrez y trouver les tabelaux récapitulant, pour chaque année les lucky ones qui ont pu rester à la maison et les beaucoup moins lucky ones qui ont dû partir…
J’ai évidemment regardé pour moi en premier (non mais !) et j’ai vu que je n’aurais probablement pas été drafté, puis j’ai regardé pour les amis dont je connais par cœur la date de naissance… Ben voilà, j’en connais qui seraient partis « to go and kill the yellow man ».
Petite parenthèse finale sur le tirage au sort. Les Grecs antiques déjà le considéraient comme la méthode la plus égale de choix. Ils laissaient les Dieux montrer ainsi leur préférence. Je trouve que c’est tout de même un procédé violent et assez déresponsabilisant : c’est le sort, c’est Dieu… Dans le texte du site on y apprend que le tirage au sort de 1969 s’est ouvert sur une invocation et s’est clos sur une bénédiction…
« Si Dieu le veut » devient alors une manière assez adéquate pour faire croire que partir mourir au Viet Nam défendre des intérêts assez flous de la politique étrangère américaine était la volonté divine, le destin et non la responsabilité de quelques hommes politiques…
Je ne sais pas si Dieu existe, mais en tout cas, il a bon dos !

Pour conclure, la draft a été supprimée en 1973 aux USA : depuis lors, l’armée est constituée uniquement de volontaires. Bon, il y a le vrai volontaire et le faux volontaire. Le vrai volontaire, bon, il signe et bang, il fait la guerre. Le faux ben il signe et bang, il fait la guerre, mais tu vois tout de suite la différence, je veux dire, c’est pas pareil… voir Farenheit 9/11 de Michael Moore sur le sujet !

Merci à Kubrick, au Boss et aux Inconnus pour les clins d’œil…

PS : on estime que près de 70 000 jeunes américains ont fui au Canada pour éviter les drafts de 1969 à 1972… 70 000 ! C’est un chiffre énorme… et très encourageant 😉

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T1, TR-MC, IEN, RASED, AP et SA [edit : corrigé 03/10/08 22h22]

Comme demandé par Septie, je vais donc vous compter ma nouvelle vie de T1.
Déjà, un T1, c’est une personne qui a obtenu le concours de recrutement des professeurs des écoles (ou CRPE), qui a été en 2e année d’IUFM (PE2, on dit, PE pour Professeur des écoles, et 2 pour 2e année , vous suivez ?) et qui a été titularisé.
J’ai fait tout ça, si, si, et je suis donc Titulaire, 1ère année, donc T1.

L’an prochain, je serai donc… On lève la main pour répondre… Oui, toi là bas, près du radiateur au fond, oui ? T2 ? C’est ça, c’est compris !

Alors, pour mon année de T1, je suis TR MC. Titulaire Remplaçant (sic) Maladie et Congés. On dit aussi, mais je sais pas pourquoi, Brigade MC. J’appartiens à la Brigade de remplacement du département (un peu militaire tout ça…) et mon rôle est donc « d’assurer la continuité du service public » en remplaçant ces enseignant(e)s qui ont eu la mauvaise idée de tomber malade et/ou enceintes.
J’appartiens à une circonscription de l’Éducation Nationale, dirigée par une Inspectrice de l’Éducation Nationale (les plus malins auront deviné qu’il s’agit là d’une IEN), qui est ma supérieure hiérarchique directe. Affecté à une école (dite « de rattachement »), c’est là que je suis lorsque je n’ai pas de remplacements à effectuer. Mon aire d’action est vaste puisqu’il s’agit, en théorie, de tout le département. Dans les faits, je perçois des indemnités de déplacement dont le montant varie en fonction de l’éloignement de mon école de rattachement : il est donc fort peu probable que je sois dépêché loin. Mais ça arrive. Cette semaine par exemple, j’assure le remplacement d’un CP à près de 25 km…
Voilà pour la théorie… En pratique, j’ai déjà vu, en un mois, 5 classes différentes : une CLIS (Classe d’Intégration Scolaire, pour les élèves « à besoins éducatifs particuliers », autrement dit, à troubles du comportement ou handicap), un CM2, un CE2, une petite section de maternelle et un CP. Je ne sais pas où je serais la semaine prochaine. Je trouve cette situation rigolote, en fait. Chaque nouvelle journée est un challenge : quel niveau ? Quels élèves ?

Mais cette rentrée est marquée par beaucoup de nouveautés pour les enseignants, les élèves et leurs parents. Nouveaux programmes, nouvelle organisation du travail.
Disons que les nouveaux programmes, qui comme toujours sont un « retour aux fondamentaux » (comme si l’école avait oublié ces dernières 25 années d’apprendre à lire, écrire et compter… J’en ai déjà parlé par ici), proposent l’exploit de faire plus (car ils sont plus lourds que les précédents) en 2 heures de moins par semaine.
Bon, 2 heures de moins par semaine, c’est pas grand chose, vous me direz… Faisons un peu de maths :
Les élèves ont maintenant 24 heures de cours par semaine. Il y a 33 semaines scolaires (de mémoire, j’ai pas vérifié), soit 792 heures par an. Ils en avaient auparavant 858. Sur les 8 ans que dure la scolarité primaire, les élèves ont maintenant 6 336 heures de scolarité, au lieu des 6 864 précédentes. La différence est de 528 heures sur toute la scolarité, soit à peu près 2/3 d’une année scolaire en moins. Et bien avec presqu’une année perdue, nous devons faire plus qu’avant…
Certes, la qualité de l’enseignement compte plus que sa quantité. En réalité, on touche là à une question de rythmes scolaires… L’enseignement en France est resserré sur 4 journées de 6 heures par semaine. Personnellement, je trouve que c’est beaucoup pour des enfants de 6 ans que de passer 6 heures minimum à l’école par semaine.
A priori, je ne suis pas contre la diminution des horaires de présence à l’école des enfants, mais je trouve leur resserrement sur 4 journées inadéquat. La plupart des autres pays européens ou nords américains ont un rythme scolaire étalé sur 5 jours, avec pour certains moins d’heures que nous : ils ont simplement des journées plus légères.
Ainsi, au lieu d’enlever une demie journée d’école (le samedi), je pense qu’on aurait dû en ajouter une (au hasard le mercredi), mais réduire le nombre d’heures quotidiennes…

Et là dessus vient se greffer les obligations de service des enseignants.
Pour faire court, notre temps de travail est divisé en temps de présence face aux élèves et en temps de réunions/concertations/rencontre avec les parents/formation continue (les temps de préparation de cours ne sont pas comptées comme étant du temps de travail, notez bien). En temps de présence face aux élèves, c’est 26 heures/semaine… Mais les élèves n’ont que 24 heures à l’école. Notre ministre, Dark Xav, a alors sorti une arme secrète : l’aide personnalisée. Les 2 heures restantes, nous les ferons afin d’aider les élèves les plus en difficulté.
Sur le principe, pourquoi pas… Il se peut même que le travail lors de ces heures soit très intéressant et puisse effectivement aider certains élèves, mais des problèmes demeurent.
Le premier, celui qui saute aux yeux, c’est encore une question de rythme : est-ce vraiment judicieux de « retenir » en cours pendant une heure un élève qui a des problèmes scolaires et qui en a peut être sa claque d’être à l’école… Est-ce que lui « offrir » une heure supplémentaire ne va pas lui faire encore plus détester l’école ? Sas parler de la stigmatisation des autres élèves. Il devient bien connu, dans les cours d’école, que les heures en plus, « c’est pour les nuls », renforçant ainsi une mauvaise image de soi et abandonnant l’élève en difficulté dans ce rôle d’élève en difficulté.
Mais passons là dessus, et parlons d’une conséquence insidieuse et, à mon sens, très dangereuse.
Dans les écoles, il existe, en nombres notoirement insuffisants, des enseignants spécialisés qui sont chargés tout particulièrement de prendre en petits groupes, pendant le temps scolaire, les élèves les plus en difficultés. On les appelle « membres du réseau » car ils constituent le Réseau d’Aides Spécialisées aux Élèves en Difficultés, ou RASED.
Ces enseignants n’ont qu’un rendement assez faible : ils travaillent avec peu d’élèves, prodiguant une aide ciblée. Ils ont reçu une formation supplémentaire de 2 ans (en formation continue et en alternance) et sont spécialistes de la difficulté scolaire. Honnêtement, ils font un travail qui est essentiel car nous, les enseignants « classiques », ne sont pas toujours formés et armés pour faire face à de grandes difficultés scolaires. Nous manquons de temps, d’éléments et de compétences pour aider les cas les plus lourds de nos classes.
L’aide personnalisée qui sera prodiguée par les enseignants « normaux » est une formidable opportunité pour le ministère d’économiser sur ces enseignants : dès l’an prochain, des maîtres spécialisés vont devoir abandonner leur spécialité et enseigner dans des classes classiques… Les RASED sont voués à disparaître au profit de cette aide. Ce qui est choquant, c’est que ce n’est absolument pas la même chose et que nous sommes en train de créer une école (ou alors de la continuer ?) qui ne sera utile qu’aux élèves qui réussissent : les moyens pour venir en aide aux plus démunis disparaissent petit à petit (les emplois-jeune ont fait leur temps il y a déjà longtemps, les EVS ou AVS ne sont plus toujours remplacés…) et une école à deux vitesses apparait, une école du « marche ou crève » (ce que les nouveaux programmes semblent aussi entériner)
Cette perspective est plutôt triste et nos pouvoirs de résistance sont faibles…
D’autant plus faibles qu’en même temps, notre droit de grève est singulièrement attaqué : les directives mettant en place le « Service d’accueil » pour tous les enfants en cas de grève nous obligent à déclarer à notre Inspection que nous sommes grévistes par courrier privé au moins 48 heures à l’avance. Cette mesure, contraignante, empêche surtout les grèves reconductibles et donc les combats de longue durée. Ce qui est affligeant, c’est le procès dont les enseignants sont victimes : le Président de la République, en se plaçant du côté des parents « pris en otages » par les grèves de enseignants, cherche à nous faire passer pour des irresponsables notoires et, in fine, des paresseux de grévistes. Il cherche aussi, de manière délibérée, à monter les parents contre les enseignants. C’est un joli retournement de situation, en réalité, car je suis certain que la majorité des enseignants décident de perdre une journée de salaire (pour un enseignant débutant comme moi, c’est à peu près 65 €) ou plus en faisant grève, c’est justement pour défendre le droit à une meilleure éducation. Si les enseignants demandent que les programmes soient changés, que plus de postes soient créés, que plus de personnel soit embauché, en un mot plus de moyens, c’est bien pour améliorer le service public d’éducation, pour, tout simplement, se donner les moyens de faire mieux progresser les enfants qui nous sont confiés, de remplir les missions qui nous sont assignées… et certainement pas de prendre une journée de congé.

Je sais que ça ne veut pas dire grand chose, mais j’ai beaucoup entendu d’enseignants me souhaiter bon courage, car je débutais, selon eux, dans un métier qui est bien plus difficile qu’à leur entrée ; d’autres sont contents d’être bientôt à la retraite, car ils n’aiment pas la tournure que prend leur métier… Ça grogne aussi dans les réunions, on se retrouve à appliquer des mesures auxquelles on ne croit pas, mais nous sommes aux ordres du ministre, après tout, et nous n’avons pas notre mot à dire là dessus…

Voilà un peu notre situation…

Pour finir , sachez que j’apprécie ce que je fais, quand même, mais que, moi aussi, je crains pour l’avenir de l’école en France et la réussite de sa mission (qui est la réussite de tous les élèves, objectif inatteignable, peut être, mais c’est un but vers lequel nous nous devons de tendre).

Sur ce, il est temps d’aller me coucher, car demain, je travaille loin, souvenez-vous !
Je m’excuse de la longueur de ce message et de son côté peut être décousu par moments…
En passant, la fonction de correction automatique de Firefox m’a lâché, j’ai dû laisser passer quelques fautes de frappe : mes excuses pour ça aussi !

[Edit : un peu de correction 48 heures plus tard… moins de fouilli et j’ai ajouté tout un passage sur la grève.]

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