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Des libérateurs ? La libération par l’armée du crime !

J’imagine que tout le monde connaît cette affiche et plus ou moins son slogan :

Affiche_rouge_tgd

Il s’agit de la célèbre « Affiche Rouge », placardée sur les murs de France afin de stigmatiser les actions de la Résistance intérieure qui a saboté les intérêts allemands et tué soldats et officiers.

Ce groupe, dirigé par Missak Manouchian,  appartenait aux FTP – MOI (Francs Tireurs Partisans – Main d’œuvre Immigrée) un groupe résistant communiste. Il était composé de personnes d’horizons divers : hongrois, polonais, italiens, espagnols, arméniens. Tous ont fui vers la France… Et quand vint le tour de la France de tomber, ils n’ont pu aller plus loin : ils sont resté, ont combattu, y sont morts…

Morts pour la France.

Le film de Robert Guédiguian débute sur la lecture en voix off des noms du groupe Manouchian, chacun suivi de la mention « Mort pour la France ». Car tous sont tombés pour cette France, ou en tout cas pour l’idée qu’ils s’en faisaient, ce pays des Droits de l’Homme et des Libertés, ce pays dont l’administration s’est fourvoyée en collaborant avec l’envahisseur et qui les combat désormais.

Ce groupe d’immigrés qui parlent le français entre eux, ce groupe d’immigrés à jamais entrés dans notre mémoire collective et qui a sauvé l’honneur de la France : voilà le sujet de l’Armée du Crime. Ce n’est pas un film d’action en tant que tel, plutôt une exploration de la vie de ces hommes et de ces femmes qui ont choisi un engagement total, mettant en jeu leur existence même, pour la défense de leurs idées : la vie, le bonheur et la croyance en un monde meilleur et « si nous devons tuer, nous sommes du côté de la vie », résume un personnage.

Le film se bâtit autour de plusieurs tableaux, parfois assez espacés les uns des autres. Il couvre la période 1941-1944, sans insister sur le déroulement de la « grande » histoire. Peu de dates, mais là n’est pas le propos : il s’agit d’entrer dans le quotidien de la vie à Paris sous l’Occupation (avec un grand souci d’exactitude et de reconstitution) et de ces résistants clandestins qui font le grand écart entre les risques qu’ils prennent et leur vie personnelle.

Une scène m’a particulièrement touché et résume assez bien le message de ce film. Lors d’une fête commémorant la création de la République Soviétique Socialiste d’Arménie (donc intégrée à l’URSS), après qu’on eut joué l’Internationale Missak Manouchian porte un toast en ces mots « Vive la France, vive l’Arménie, vive le mouvement international ouvrier »… Dans cet ordre là…

Finalement, ce film est un film sur l’immigration. Il insiste sur l’apport majeur de ces immigrés à la résistance française. Cet apport a été largement sous estimé, en partie à cause des efforts de réconciliation nationale menés après la guerre : il était important que les français eussent été résistants.

Et pourtant, à l’instar d’Indigènes qui montrait des combattants nord-africains dans les Forces Françaises Libres qui avaient répondu à l’appel de la « Patrie en danger », à l’instar de ces espagnols de la Nueve, cette 9e compagnie appartenant à la célèbrissime 2e DB du général Leclerc et qui ont libéré Paris (le premier char à passer la Porte d’Orléans, le 24 août 44 au soir ne portait-il pas le nom de Guadalajara ?), cette histoire de l’immigration est toute à l’honneur de notre pays. De ce qu’il a représenté pour tous ces gens, de ce qu’il devrait toujours représenter…

Pour terminer, je renvoie à la lettre que Missak envoya à sa femme, Mélinée, avant d’être exécuté.

Lettre dont Aragon fit un poème et que Léo Ferré mit en musique.

Ma Chère Mélinée, ma petite orpheline bien-aimée,

Dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. Nous allons être fusillés cet après-midi à 15 heures. Cela m’arrive comme un accident dans ma vie, je n’y crois pas mais pourtant je sais que je ne te verrai plus jamais.
Que puis-je t’écrire ? Tout est confus en moi et bien clair en même temps.

Je m’étais engagé dans l’Armée de Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la Victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n’ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu’il méritera comme châtiment et comme récompense.

Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps. Bonheur à tous… J’ai un regret profond de ne t’avoir pas rendue heureuse, j’aurais bien voulu avoir un enfant de toi, comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre, sans faute, et d’avoir un enfant pour mon bonheur, et pour accomplir ma dernière volonté, marie-toi avec quelqu’un qui puisse te rendre heureuse. Tous mes biens et toutes mes affaires je les lègue à toi à ta sœur et à mes neveux. Après la guerre tu pourras faire valoir ton droit de pension de guerre en tant que ma femme, car je meurs en soldat régulier de l’armée française de la libération.

Avec l’aide des amis qui voudront bien m’honorer, tu feras éditer mes poèmes et mes écrits qui valent d’être lus. Tu apporteras mes souvenirs si possible à mes parents en Arménie. Je mourrai avec mes 23 camarades tout à l’heure avec le courage et la sérénité d’un homme qui a la conscience bien tranquille, car personnellement, je n’ai fait de mal à personne et si je l’ai fait, je l’ai fait sans haine. Aujourd’hui, il y a du soleil. C’est en regardant le soleil et la belle nature que j’ai tant aimée que je dirai adieu à la vie et à vous tous, ma bien chère femme et mes bien chers amis. Je pardonne à tous ceux qui m’ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendus. Je t’embrasse bien fort ainsi que ta sœur et tous les amis qui me connaissent de loin ou de près, je vous serre tous sur mon cœur. Adieu. Ton ami, ton camarade, ton mari.

Manouchian Michel.

PS. J’ai quinze mille francs dans la valise de la rue de Plaisance. Si tu peux les prendre, rends mes dettes et donne le reste à Armène. M. M.

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PS j’ai beaucoup pensé à Pepe lors de ce film. Pepe, de son vrai nom Jose Haya Baviera (Pepe est le diminutif de Jose en Espagne) était un anarchiste espagnol immigré en France en 1938. Il avait une dizaine d’année. Il a « visité » quelques camps d’internement avant que sa mère ne trouve du travail en Ardèche. Là, à 14 ans, il entre dans la Résistance, manie la dynamite et participe à la libération de villes ardéchoises. Il devient ouvrier après la guerre.

Je me souviendrai toujours de son émotion lorsqu’il nous a raconté comment il était devenu français

Je n’ai jamais pu m’empêcher de penser que, quelque part, il était plus français que moi : il l’avait gagnée sa nationalité et ça comptait tellement pour lui…

Hasta luego, Pepe !

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États d’âme…

On m’avait dit que ce boulot de professeur des écoles, ce n’était pas forcément une sinécure. Je n’en doutais pas, mais je me disais qu’avec le temps et l’expérience, j’aurais moins à travailler.

Ah oui, parce qu’on travaille beaucoup, au fait ! Loin de l’image de glandeurs que la société nous envoie parfois souvent. S’il est vrai que nous n’avons « que » 24 heures de présence devant les élèves, il faut ajouter toutes les heures de préparation, de correction, de concertation, de réunions, de rencontres avec les parents… Je ne connais pas un enseignant qui compte ses heures, et peu font moins de 35 heures par semaine. Pour se donner une idée, sur mes 4 jours par semaine, je ne fais pas moins de 8 heures et demie de travail à l’école (pour une présence effective de 10 heures en moyenne : j’arrive à 8 heures et ne repars rarement avant 18 heures). Sur  4 jours, ça fait déjà 34 heures / semaine. À cela, il faut ajouter le temps de travail à la maison, une quinzaine d’heures en moyenne. Le compte est vite fait, mes 35 heures sont en fait 49…

J’en entends déjà me dire « et les vacances ? ». On y travaille aussi. Pour ma part, je m’accorde une semaine à ne rien faire, et la deuxième est consacrée à préparer les cours (les objectifs de la période, les évaluations…). Ce n’est pas le même rythme, bien entendu, mais ça reste du boulot.

Et les grandes vacances ? On y prépare l’année qui vient. Lorsque l’on a une classe, beaucoup de choses sont à préparer (les thèmes qui vont être traités tout au long de l’année, les sorties prévues, l’organisation matérielle, etc…). Là encore, ce n’est pas tous les jours, et pas sur le même rythme. Nous avons des vacances. Ce que je veux dire, c’est qu’on y pense tout le temps… et que nosu faisons un métier où nous travaillons. Ce qui est désolant, c’est que me voilà obligé de justifier mes heures, en quelque sorte, car nous nous entendons souvent traités de paresseux, de fainéants, surtout à la veille d’un jour comme demain où une bonne partie d’entre nous sera en grève.

Où je veux en venir, c’est que je suis un peu « flottant » en ce moment. La fatigue de l’hiver, du travail… Je sais que j’engrange de l’expérience, et j’ai cru qu’avec elle j’aurais moins de boulot en définitive. Mais non, j’en ai de plus en plus. Cette situation est un peu lourde. D’autant plus que je me suis stressé sur les programmes et le fait que je n’aurais pas le temps de les terminer (mais qui l’a ?). J’essaie d’aller vite, je suis stressé, je stresse mes élèves, l’ambiance de la classe se détériore. Je suis dans une mauvaise passe, en fait, et j’en suis totalement responsable.

Alors parfois j’en ai marre, et en ce moment plus que d’habitude, de m’entendre dire que c’est cool d’être prof, que c’est facile et qu’on a tout plein de temps libre. Je trouve ce métier très enrichissant, très épanouissant et avoir 22 enfants presqu’adolescents à ma charge 4 jours par semaine est un grand bonheur ; mais c’est aussi un métier très stressant, parce qu’on travaille vers des êtres humains et que chaque erreur de jugement, chaque écart peut avoir des conséquences sur mes élèves ; parce que je leur dois d’être au top, chaque jour, c’est le minimum que je puisse faire…

Ceci explique aussi la colère qui est la nôtre. Nous (enfin, les enseignants que je côtoie) nous décarcassons tous les jours, nous en « bavons » parfois, on donne plus que sa force de travail, on se donne aussi dans ce que l’on fait. Et voir le peu de reconnaissance pour notre métier, l’attitude méprisante de notre ministre, la stupidité de certaines de ses mesures, ne nous laisse pas vraiment d’alternatives : battons le pavé, faisons grève. Crions notre mécontentement. Mais en faisant cela, c’est aussi notre foi en une école plus juste, notre foi en notre métier que nous crions, notre foi dans le fait que nous pouvons changer le monde.

Puissent nos concitoyens nous entendre !

Pas d’illustration pour cette note, juste un lien vers une page d’un extraordinaire livre, « Le Journal d’un remplaçant »

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De la grève et des évaluations.

Jeudi prochain, toute la fonction publique sera en grève. Donc les enseignants. Donc moi.

Pour la seconde fois cette année (après le mouvement du 20 novembre), je ne me rendrai pas en classe et irai manifester (en passant : 10h30 Manufacture des Tabacs à Lyon !)

Pourquoi ?

Ben, honnêtement, pas grand chose n’a bougé depuis le 20 novembre. Le ministre a essayé de noyer un peu plus le poisson, en maintenant dans leur poste RASED 1500 des 3000 suppressions annoncées, mais ne changeant rien à l’objectif de supprimer ces dits Réseaux d’Aides Spécialisées aux Élèves en Difficulté ; les nouveaux programmes sont appliqués et ne changeront pas (en tout cas rien ne vient). À cela viennent s’ajouter les évaluations nationales en CM2.

evals-cm2

Je suis directement concerné, puisque dorénavant enseignant en CM2 jusqu’à la fin de l’année (je l’avais pas dit, c’est vrai…).

Au départ, je ne suis pas contre l’idée d’évaluations nationales. Il me semble  important et utile de pouvoir évaluer mes élèves avec d’autres outils que ceux que je construis. C’est plus neutre, d’un certain côté, et aussi très intéressant. De plus, les évaluations nous permettent de situer les élèves par rapport aux attentes médianes de l’institution. Pour résumer, je vois ces évaluations comme un outil pouvant être performant à l’usage de l’enseignant de la classe.

Les évaluations nationales existent depuis 1989. Il y en avait 2, aux entrées du CE2, et de la 6e. Leur esprit était de faire un point à l’entrée de ces classes afin de donner aux enseignant une vue d’ensemble du niveau de ses élèves et de ce qu’il faudra avec eux travailler.

Cette année tout change. L’esprit de ces évaluations est différent : elles doivent venir à la fin du CE1 et à la fin du CM2. L’idée là, est de sanctionner un niveau atteint et donc, aussi, de sanctionner le travail de l’enseignant. Nous ne sommes plus dans l’évaluation formatrice, mais somative : pas celle qui permet de travailler et de progresser, mais celle qui permet de noter (l’élève ou l’enseignant ?). Philosophiquement, ça me dérange.

Pire ! Ces évaluations somatives arrivent, pour le CM2, au milieu du mois de janvier et sanctionnent TOUT le programme. Là, ça devient débile ! Comment évaluer en milieu de parcours sur l’ensemble du parcours ? Surtout quand nous travaillons librement en fonction d’objectifs de fin d’année, nous ne sommes donc pas guidés en cours d’année : nous sommes donc libres de travailler les notions dans l’ordre que nous le souhaitons, du moment qu’elles sont toutes faites à la fin.

La philosophie de ces évaluations est assez obscure. Contrairement aux évaluations précédentes, la notation est binaire : 0 ou 1, échec ou réussite. Sur certaines questions, il faut par exemple donner 4 réponses. 1 faute et on prend un 0. Aucune place n’est parfois laissée à la réussite partielle ou à l’erreur d’inattention.

Enfin, l’autre question, c’est de savoir à quoi vont servir ces évaluations. AU moment où la volonté est de faire disparaître la carte scolaire, les enseignants craignent qu’elles ne servent qu’à classer les écoles, orientant ainsi les bons élèves et les finacements vers les bonnes écoles, les élèves en difficulté vers les mauvaises écoles. Le spectre d’une éducation à plusieurs vitesses ressurgit donc…

Bref, les évaluations sont venues crisper des relations déjà très tendues entre enseignants et ministre… Jusqu’à quel point ? La colère est là, elle s’est maintenue depuis cet automne… J’entends déjà, ici et là, certains collègues préconiser des actions moins pacifiques. Le constat qu’ils font, c’est que le ministre a reculé face aux lycéens parce qu’il a eu peur d’eux, mais qu’il n’a absolument aucune considération pour nos « petites » manifestations fort sympathiques.

Ce ne sont que des voix isolées, mais jusqu’où tout ça va nous mener ?

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Être de gauche…

Article un peu en relation avec l’élection d’Amir Khadir à Montréal

Son parti, Québec Solidaire, passe pour être d’extrême gauche, on entend socialisme, voire même, ô suprême insulte en Amérique du Nord, communisme à son propos. J ene cherche pas à savoir ce qu’il en est réellement de Québec Solidaire, puisque je n’ai pas suivi la campagne ni même les discours de M. Khadir et que, pour être honnête, j’en ai appris l’existence que le soir de son élection…

Non, ce qui m’a interpellé, c’est cette question : être de gauche, c’est quoi ?

Si je cherche à me définir politiquement, en vrac, je dirais que : 

je suis pour l’avortement et le droit fondamental pour chaque être humain de choisir librement quoi faire de son corps

je pense que

je ne suis vraiment libre que lorsque tous les êtres humains qui m’entourent, hommes ou femmes, sont également libres. La liberté d’autrui, loin d’être une limite ou une négation de ma liberté, en est au contraire la condition nécessaire et la confirmation. Je ne deviens vraiment libre que par la liberté des autres, de sorte que, plus nombreux sont les hommes libres qui m’entourent, et plus étendue et plus large est leur liberté, plus étendue et plus profonde devient la mienne (Bakounine)

Je suis pour l’égalité femmes-hommes

Je pense qu’il ne devrait y avoir que très peu de lois et qu’on devrait laisser les gens décider par eux même (exempel de la Sécurité Routière : au nom de quoi rend-on obligatoire la ceinture de sécurité -ou le casque du motard- au delà de l’âge de la majorité : à partir du moment où la loi reconnait l’individu comme responsable, il a le droit de vouloir prendre des risques s’il le désire. Libre à chacun de la mettre ou pas… Il faut que la possibilité existe, mais pas l’obligation)

Je pense que les prisons ne devraient pas exister et que chaque être humain est éducable

Je pense que l’école doit former le citoyen pensant et agissant au sein de sa société, qu’elle doit œuvrer à la trasformer et non  à la reproduire

Je suis contre la peine de mort

Je suis pour l’autonomie des personnes, en ce sens, l’existence d’un état omniprésent et omnipotent est une hérésie ; je pense aussi que le rôle de l’état devrait être principalement d’aider les gens qui en ont besoin (contradcitoire ?) et qui en font la demande

Je suis pour le mariage gay, au nom, toujours de l’autonomie et de l’égalité : pourquoi empêcher à une certaine catégorie de la population un service disponible à d’autres ? Au nom de quoi un état laïc devrait défendre que le mariage est l’union d’un homme et une femme ? Le mariage est une possibilité offerte aux citoyens, il ne devrait pas être réduit à une part de ceux là, fût-elle largement majoritaire.

Je ne suis pas sûr de croire en la démocratie. Elle n’est que le moins pire des régimes.

Je pense que l’Union Européenne pourrait être une bonne chose si elle garantissait un processus d’intégration politique et qu’à terme les états se dissolvent en elle : une entité politique, de multiples entités culturelles (un peu comme la Catalogne en Espagne : partie intégrante et importante du pays, elle n’en est pas moins une culture et une langue distincte… Le devenir du Québec qu Canada ?)

Je pense que nptre système économique n’est pas adapté et ne sert qu’à enrichir les plus riches et à laisser les pauvres pauvres, tout en leur donnant une illusion de richesse et de confort (« Everybody knows the poor stays poor, the rich gets rich« ) et qu’on pourrait, a minima, mettre en place un système visant à ne laisser personnes « à la rue ». Il me semble que des économistes comme Joseph Stiglitz ne disent pas le contraire (et certainement bien mieux que moi !).

Il me semble oublier plein de choses…

Dans le même temps, je dois confesser que je suis un peu (beaucoup) matérialiste -mais beaucoup moins qu’il y a ne serait-ce qu’une ou deux années-, que j’apprécie mon relatif confort matériel : j’écris ces lignes de mon ordinateur, je vais certaienemnt répondre à des commentaires (dont quelques uns que j’attend avec impatience !) via mon iPhone dernière génération ; j’ai une voiture, une machine à laver, mais des ampoules basses consommation (ouf, l’honneur est sauf) !

Être de gauche, n’est-ce pas aussi tenter de mettre en adéquation idéaux et actions ?

Et pour vous, c’est quoi être de gauche ?

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Que d’eau, que d’eau !

Une histoire d’eau…
Elle nous vient de la région des Grands Lacs aux États-Unis, et plus précisément de l’état du Michigan.

Là bas, les ressources en eau douce semblent imposantes, et pour cause, état inclu dans les Grands Lacs, on y trouve aussi maintes sources. L’eau est possession publique, elle appartient à tous les citoyens : chacun est libre de la capter.

Coca Cola a donc décidé d’installer une usine de captation d’eau douce. Après tout, c’est son droit, l’eau appartient bien à tout le monde (il me semble que Coca a dû payer une redevance pour le faire, mais pas trop élevée, on vous rassure !).

Il faut savoir qu’embouteillée, l’eau coûte cher, très cher. Et ce que Coca Cola fait est tout de même limite : la compagnie capte de l’eau, beaucoup d’eau, mettant en péril l’environnement et l’approvisionnement des citoyens locaux afin de mettre cette eau en bouteille (traitée comme l’est l’eau du robinet, c’est bien de l’eau potable qu’ils vendent, sans minéralisation particulière) et de leur revendre à des prix défiant toute concurrence, à coup de matraquages publicitaires : cette eau serait meilleure (faux), adaptée pour les nourrissons (faux encore… La plupart du temps, l’eau du robinet est adaptée pour les nourrissons !), et aurait des verttus minéralisantes qui restent à prouver… Du coup les gens se mettent à penser qu l’eau du robinet n’est pas bonne et qu’il faut acheter de l’eau en bouteille, ALORS QUE C’EST LA MÊME !

On peut admirer le modèle économique génial de l’affaire qui fait vendre à un prix largment supérieur le même produit, mais emballé…  La quintescence du capitalisme, en un sens !

C’est un peu le placement de la Cristalline en France  : elle vend de l’eau du robinet très cher. Et l’on voit des clients acheter leur pack de 6 pensant préserver leur santé de la méchante eau du robinet.

Du coup, je renvoie à l’excellete idée de la mairie de Besançon qui a décidé de promouvoir l’eau du robinet en inventant une marque, la Bisontine. Sauf qu’une bouteille de Bisontine, c’est une carafe d’eau du robinet.

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Pour en savoir plus sur l’eau du Michigan (et encore le Michigan n’est-il qu’un exemple !) : Save Michigan Water

Des gens se sont unis en Inde contre Coca Cola et Pepsi et notamment contre les captations qu’ils font au mépris des populations locales ! Plus d’infos ici : People’s Resisatance in India

Site d’un film sur le sujet (diffusé sur Arte) en novembre et dont ce billet s’inspire très largement (mais sans le brio du film) : FLOW

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A ceux qui veulent privatiser la France, l’école publique répond : RESISTANCE

PC103791Ben elle était chouette la manifestation de mercredi soir dernier. Le froid, la pluie semblaient se lier pour que personne ne vienne.
On devra peut être jauger la mobilisation à ça : à peu près 3000 personnes (estimation basse) étaient présentes sur la place Bellecour.
Beaucoup d’écoles étaient représentées, des parents étaient là (avec leurs enfants, souvent). On sent qu’il y a quelque chose, que les enseignants, les parents, sont en colère.
Pour ma part, j’ai retrouvé des « collègues » de l’IUFM de l’an dernier, on s’est mis derrière les drapeaux rouges et noirs de la CNT. Le froid et le mégaphone aidant, on a chanté, on a dansé, on a crié.
C’était un chouette moment.
Et maintenant ?
Le mouvement se poursuit, les aides personnalisées sont suspendues dans de plus en plus d’écoles, des actions continuent d’être organisées, des collectifs se montent un peu partout et l’on commence à parler de convergence avec d’autres mouvements de fonctionnaires.
On verra bien ce que ça donnera, mais je pense que c’est loin d’être terminé…

 

PS revenez ce soir pour photo de manif… Edit : on est le matin, mais c’est fait !

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En direct du Canada

Souvent cité comme étant un exemple de pays dans lequel il fait bon vivre et de réussite démocratique, le Canada nous réserve quelques (mauvaises) surprises…

Témoignage live de Michelle, ma mère à l’occasion, résidente permanente à Montréal, travaillant dans les « milieux culturels » et future citoyenne canadienne.

Où que nous soyons, nos acquis, nos aspirations à mieux vivre sont bafouées… Résistons ! 

 

canada

Deviens canadienne, ma mère, et combat de là bas !

(de toute façon c’est la même merde histoire en France)

 

Je vous cite son mesage de vendredi soir et celui de ce soir enchaînés .

Vendredi soir : 

Hier, sinistre jeudi 27e de novembre de l’an de disgrâce 08, le ministre des Finances canadien, Jim Flaherty, a présenté son plan de relance de l’économie au Canada dont voici les principales propositions :

– réduire les dépenses du gouvernement. Jusqu’ici, tout va bien.

– geler les augmentations de salaire des députés, ministres et hauts fonctionnaires qui s’en mettent déjà plein les poches, jusqu’ici tout va bien encore. Mais quand ça se gâte, ça se gâte vraiment : 

– suppression du principe d’équité salariale

– abolition du droit de grève pour les salariés de la fonction publique jusqu’en 2011

– suppression de la subvention des partis politiques au prorata des voix reçues, ce qui revient à mettre les trois partis de l’opposition sur la paille, ainsi que la démocratie elle-même.

 

Comme on le voit, les propositions économiques n’affluent pas. On est plutôt dans l’idéologique pure et dure, et très dure. Lundi prochain, le gouvernement canadien pourrait être renversé par les trois partis de l’opposition, ce qui aurait pour conséquence :

– soit de déclencher des élections fédérales (mais rappelons que les dernières datent d’il y a deux mois, déclenchées par le premier Ministre Harper en plein crise financière pour tenter d’avoir un gouvernement majoritaire)

– soit de mettre en place un gouvernement de coalition formé par les trois partis de l’opposition,

– de faire que Harper retire sa proposition, ce qui parait bien improbable pour un arrogant de son acabit.

 

Quand je disais qu’il allait gouverner comme s’il était majoritaire, j’étais loin du compte… Il agit comme un dictateur, avec le même mépris, la même cruauté, le même cynisme. Je ne suis plus aussi certaine de la vouloir, ma citoyenneté canadienne. Je commence à avoir honte de ce pays que j’ai choisi, je me dis qu’il est peuplé pour moitié de gros cons qui ont voté Harper bêtement, sans même savoir pourquoi puisqu’honnêtement, il n’y avait aucune raison de voter pour lui : pas de programme, pas d’idées nouvelles, pas de plan de relance, rien.

 

Quand on sait que  la suppression de 45 millions de subventions aux artistes – une goutte d’eau dans le budget du pays – lui a fait gagner des voix dans l’Ouest canadien mais que ladite production artistique canadienne est essentiellement québécoise, on se dit qu’on n’est pas loin d’une guerre civile.

Au secours, j’ai mal à ma liberté de penser, de dire, d’exister dans un monde où les sales valeurs de droite reviennent au galop.

Et en ce premier décembre : 

À la demande générale, la suite des événements : 

Harper a décidé vendredi dernier de reporter le vote de confiance, prévu pour aujourd’hui, à lundi prochain, qui sera également la journée des élections au Québec. On le voit, il tient le Québec en grande considération…
Il est en outre revenu sur ses propositions, en annulant la clause du financement des partis politiques par exemple, pensant que ça allait calmer l’opposition, qui reste campée sur sa position.
Quesse qu’il va n’arriver d’ici là ?
Des tentatives par Harper de calmer le jeu et de rester au gouvernement, sauf que les trois partis d’opposition sont bien décidés à former un gouvernement de coalition, proposition qui recueille 70 % d’avis favorable !!! Quand on sait que le gouvernement n’est élu que depuis 6 semaines !!!
Mais le plus inquiétant, c’est que, assommés pas ces campagnes électorales successives, les Canadiens semblent écoeurés de la politique, tellement que les réactions sont bien (trop) timides… et c’est ça qui me fait peur. S’il fallait une mobilisation populaire pour maintenir le droit de grève, par exemple, je ne suis pas sûre du succès… C’est le grand règne du « me, myself and I », tout pour mon nombril et après moi le déluge. 
Et en plus il neige. Enfin un sujet de conversation inoffensif.

 


Au secours (bis).

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