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Le temps du bilan

Que voilà un billet que je souhaitais faire depuis le 2 juillet, mais sans prendre le temps de m’y ateler…

En même temps, pas très surprenant, faire un bilan, c’est aussi une manière de terminer quelque chose, d’y mettre un point final, et là, j’ai pas très envie, je crois…

Ce bilan est celui de ma première année d’enseignant, ma première « vraie » année d’enseignant à temps plein, de septembre à juin. Cette année ça aura été :

– Plus de confiance. Je me souviens de ce jour de septembre où mon inspectrice avait convoqué tous les T1 (pour titulaires première année, les débutants, quoi). Elle nous avait dit que nous allions beaucoup apprendre cette année-là et que nous verrions la différence à la fin. Sur le moment, empli d’appréhension face à tous ces nouveaux défis, je ne l’ai pas crue. Et bien j’aurais dû ! C’est effectivement effarant le nombre de choses apprises en une seule année. Rien de frappant, seulement une habitude à faire le boulot, des automatismes, une certaine capacité à mieux sentir, à mieux anticiper les choses. Ca n’évite pas les cours ratés, oh non, mais on sait plus y faire face, on apprend à laisser tomber maintenant pour y revenir ensuite. Et finalement, on gagne de la confiance, parce que l’on est plus efficace.

– Travailler avec les enfants, c’est vraiment bien. J’imagine que c’est légèrement classique comme assertion lorsqu’on est prof. Mais c’est tellement vrai. Si parfois (souvent), se lever le matin à 6h15 a été difficile, si l’envie manquait, ce n’était que parce qu’il s’agissait d’aller au travail, jamais de retrouver ma classe. Tous les matins, dès que les élèves étaient là, ça allait, il fallait être à 100% et foncer. Et ça a été génial ! Ils auront tour à tour été merveilleux, drôles, touchants, surprenants, généreux… En un mot, magiques ! Et ils ont rendu cette année là particulière…

– En fait les vacances c’est nul ! Enfin les grandes, pas les petites. Les petites sont des respirations dans l’année qui font du bien à tout le monde, les grandes, c’est différent… J’ai un peu honte de l’avouer, après avoir claironné que les vacances sont inhérentes au métier de professeur et une chance, mais je ne les aime pas, celles-ci. Les grandes vacances, ça signifie devoir se séparer de sa classe. Le possessif veut tout dire, il s’agit bien de « ma » classe, de « mes » élèves et les voir partir vers d’autres horizons, c’est raide. Je le pressentais bien, mais c’est un crève cœur, un vrai deuil à faire, finalement, une vraie déprime : avoir partagé tous ces moments avec « ses » élèves pour ne plus jamais les revoir ??? Mais c’est bizarre, car le reste du monde (j’exagère un peu) nous envie d’être en vacances deux mois de suite, donc nous devrions être heureux. Ben en fait non, ça le fait juste pas !

Mais il me reste encore un certain nombre de semaines de vacances pour m’y faire et être prêt à accueillir de nouvelles classes 😉

Pour terminer, c’est un bilan positif. J’ai découvert un métier qui me plaît plutôt bien, et même si des zones d’ombres subsistent (en vrac : les programmes, notre hiérarchie, les collègues -mais pas tous, heureusement, au contraire, même !- et/ou les directeurs parfois), je sais bien pourquoi je fais ce boulot, pourquoi je viens à l’école tous les matins : les élèves. Et c’est bien pour eux que je continue en septembre !

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De la peur des grandes vacances…

Alors qu’elles sont attendues depuis longtemps, je dois confesser que je n’ai absolument pas envie d’être en vacances. Problème de riche, en quelque sorte. Je ne crains pas de n’avoir rien à faire, car ce n’est pas vrai, je vais aller traîner mes guêtres à la capitale, en Bretagne, en Catalogne, à la maison… Non, ce que je crains, c’est de devoir laisser mes élèves.

Aujourd’hui, les parents d’élèves ont organisé un poque nique. J’y suis allé pour voir et faire acte de présence.
Les parents d’une de mes élèves sont venu papoter avec moi pour « dresser » le bilan de cette année. Ils m’ont remercié d’avoir pris la classe comme ça, que tout s’était bien passé et que les enfants étaient ravis. Malicieux, le père me demande « prêt à les laisser partir, jeudi ? »
Il avait deviné, le bougre, que non, je ne suis absolument pas prêt, pas envie que ça se termine, mais alors pas envie du tout…

Je lui ai glissé un sourire entendu et lui ai répondu « je pense qu’il ne faudra pas trop me parler jeudi soir, effectivement ».

Ce qui est marrant, c’est que je me souviens maintenant que lorsque j’étais parti de Valence en cours de CE1, j’avais été étonné que ma maîtresse pleure le jour de mon départ. Je n’avais pas compris, car pour moi, enfin ce moi de 7 ans à l’époque, j’étais tout à fait prêt à partir pour autre chose. Maintenant, je comprends ce qu’elle a dû ressentir… Et c’est pas drôle !

Aujourd’hui, mes élèves ont investi le tableau et y ont écrit qu’ils ne voulaient pas être en vacances…

Je crois que personne n’a trop envie que ce jeudi arrive, finalement.

Cet aspect du travail est bizarre : tu t’impliques comme un dingue pour une poignée d’enfants auxquels tu t’attaches et qu’il faut voir partir en fin de compte avec très peu d’espoirs de les revoir ensuite. J’imagine que le degré d’implication des enseignants varie beaucoup et que certains arrivent à se protéger, mais pour ma part, je sais que ce n’est pas mon truc, je ne pourrai pas être capable de faire ce travail à moitié.

Ce n’est pas forcément sain, je le sais bien, et j’entends déjà les gens qui disent que je ne devrais pas, mais comment faire ? Je suis incapable de ne pas être à la hauteur de ces élèves qu’on m’a confiés, ce serait les trahir, ce serait me trahir…

Alors en attendant, j’essaie de faire de cette dernière semaine une fête, leur dernière à l’école, somme toute (ils passent tous en 6e…).

Pour le reste, on verra jeudi soir 😉

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