Archives de Catégorie: École

Misc. Collège

Nouvelle année, nouveau poste, me voici enseignant d’UPI (j’y reviendrai plus tard) dans un collège.
Après la première journée, bilan non exhaustif :
– c’est grand un collège, on s’y perd (si, si) et y’a tout plein de profs qui parlent de tout plein de classes différentes (voire même de celles qu’ils ont en commun, dingue !)
– heureusement, ils parlent tout de même de leur progéniture, de leur premièr(e) dent/rot/mot/pas ou de la consistance de leur caca. C’est fou ce que ça se reproduit les profs, qu’ils soient du primaire comme du secondaire !
– le principal et le principal adjoint sont en costard cravate et tout le monde leur dit « vous ». Ce ne sont pas des collègues comme le sont les directeurs d’école
– les élèves disent « vous » à leur enseignant… C’est d’ailleurs la première fois que des élèves me vouvoient systématiquement et qu’on m’appelle « Monsieur ». Mais ouf, certains me donnent du « Maitre », je ne suis pas trop dépaysé !
– on a des armoires a combinaison secrète afin de protéger un matériel pédagogique de première importance, style un poste pour écouter les excellents cd de langue vivante 😉
– des gens sont payés pour surveiller les élèves pendant la récré. Dingue : les profs ont le temps d’aller boire un café À LA MACHINE À CAFÉ ! Gratuite aujourd’hui en plus (ce qui pose la question : le café dégueulasse est-il meilleur gratuit que payant ??)
– à suivre…

Publicités

10 Commentaires

Classé dans École

Émotions

Arrivé à l’école ce matin.

Une élève vient m’annoncer que sa tante est décédée ce week end, elle ne sera pas là demain.

Une autre arrive celui du cousin de sa mère, un accident de moto, il laisse une femme, deux enfants…

Je bouscule alors mon programme de la journée et décide de leur lire Un marronnier sous les étoiles de Thierry Lenain.

L’histoire de Jules, infirmier, qui s’est fermé après la mort de son grand père. Cœur de pierre, rien ne le touche, pas la disparition de ses patients, rien… Depuis la mort de son grand père, il ne pleure plus. Jusqu’à Lola. Elle a 8 ans, victime d’un accident de la route. Elle est complètement paralysée (sauf la tête). Ses parents sont morts, mais personne ne lui dit « pour son bien ». Elle est souriante, détachée et lorsqu’elle lui demande des nouvelles de ses parents, il ne peut pas lui mentir… Elle, petite fille cassée, condamnée, elle va lui faire le plus beau des cadeaux, à Jules. Elle va lui rendre ses émotions.

Cette histoire m’avait touché quand je l’avais découverte, mais j’avais toujours hésité à la lire à des élèves. Je suis bien content de l’avoir fait, finalement. On ne parle pas de ce genre de sujet en classe. En parle-t-on seulement vraiment aux enfants ? En tout cas, ils ont profité de pouvoir le faire cet après midi.

Et c’était chouette !

1 commentaire

Classé dans Au jour le jour, École

Autre classe : tout est différent…

J’ai vécu mardi un premier conflit avec un parent d’élève. Je pense qu’il était latent depuis la réunion parent-prof au cours de laquelle un différent nous avait opposé. J’avais « gagné » à l’époque, emportant le soutien de la majorité des autres parents.

Mais là, non, elle est allée au clash, je m’en suis pris plein la gueule, flanchant, je dois l’admettre, sous l’accusation larvée d’incompétence qui m’a fait très très mal.

Oh, je sais pourquoi elle a fait tant mal, c’est parce qu’elle a visé juste. Insécure, je le suis depuis que j’ai commencé ce travail. J’y mets beaucoup de moi et je veux faire les choses bien. Du coup, je doute tout le temps de la qualité de ce que je fais. Ce doute est une force, j’en suis sûr : il me permet d’être toujours en éveil. Mais il ronge aussi : suis-je à la hauteur ? Ne vais-je pas trahir mes élèves et les laisser en chemin ? Est-ce que je ne suis pas dangereux (pédagogiquement parlant) pour eux ?

Alors prendre en pleine face ce soupçon, ça a été difficile.

Et il vient confirmer un peu ce ressenti que je traîne depuis la rentrée. Je n’arrive pas à me faire à cette classe. Je suis fautif, bien entendu : je la juge à l’aune de celle de l’an dernier. C’est une erreur manifeste, peut être même une erreur de débutant, mais que j’ai eu du mal à me séparer d’eux, que j’ai eu du mal à en faire mon deuil !

Du coup, je crois qu’inconsciemment, je me protège plus. Je deviens plus professionnel, plus détaché car, émotionnellement, ce fut affreux de les laisser partir. Les rapports que j’ai avec cette nouvelle classe sont différents, plus mesurés. Plus que ça, autant j’ai eu l’impression de me livrer avec celle de l’an dernier, autant avec celle-ci, je joue plus un jeu. Je joue mon rôle de prof, je ne le vis plus totalement.

Mais cette distance (dont on nous a tant dit qu’elle est nécessaire  et intrinsèque à la relation éducative) est aussi difficile à assumer pour le moment. Je ne m’investis plus comme avant, je ne me sens pas autant impliqué… et la motivation s’en va un peu. C’est plus dur de se lever le matin…

Je pense que tout ça va se tasser, mais je crois que quelque chose s’est cassé le 2 juillet cette année et s’est perdu à jamais !

D’ailleurs, j’en ai élaboré une théorie sur pourquoi les instits se reproduisent beaucoup (toutes les écoles ont des congés maternité, j’ai l’impression !). Il est tellement difficile de laisser partir une classe, une fois par an (!), que c’est un réconfort que d’avoir des enfants à la maison qu’on peut accompagner et voir grandir vraiment. Car on ne fait que croiser la vie de nos élèves, et pendant quoi, une dizaine de mois ? Ce ne sont pas tout à fait les mêmes quand on leur dit « au revoir » une dernière fois. Mais notre rôle s’arrête là. Et on aimerait tellement qu’il continue…

Petite illustration pour terminer : http://www.acces-editions.com/vidberg.php?ref=7

7 Commentaires

Classé dans Au jour le jour, École

Nature morte

En direct de la formation…

Poster un commentaire

Classé dans Au jour le jour, École

Le temps du bilan

Que voilà un billet que je souhaitais faire depuis le 2 juillet, mais sans prendre le temps de m’y ateler…

En même temps, pas très surprenant, faire un bilan, c’est aussi une manière de terminer quelque chose, d’y mettre un point final, et là, j’ai pas très envie, je crois…

Ce bilan est celui de ma première année d’enseignant, ma première « vraie » année d’enseignant à temps plein, de septembre à juin. Cette année ça aura été :

– Plus de confiance. Je me souviens de ce jour de septembre où mon inspectrice avait convoqué tous les T1 (pour titulaires première année, les débutants, quoi). Elle nous avait dit que nous allions beaucoup apprendre cette année-là et que nous verrions la différence à la fin. Sur le moment, empli d’appréhension face à tous ces nouveaux défis, je ne l’ai pas crue. Et bien j’aurais dû ! C’est effectivement effarant le nombre de choses apprises en une seule année. Rien de frappant, seulement une habitude à faire le boulot, des automatismes, une certaine capacité à mieux sentir, à mieux anticiper les choses. Ca n’évite pas les cours ratés, oh non, mais on sait plus y faire face, on apprend à laisser tomber maintenant pour y revenir ensuite. Et finalement, on gagne de la confiance, parce que l’on est plus efficace.

– Travailler avec les enfants, c’est vraiment bien. J’imagine que c’est légèrement classique comme assertion lorsqu’on est prof. Mais c’est tellement vrai. Si parfois (souvent), se lever le matin à 6h15 a été difficile, si l’envie manquait, ce n’était que parce qu’il s’agissait d’aller au travail, jamais de retrouver ma classe. Tous les matins, dès que les élèves étaient là, ça allait, il fallait être à 100% et foncer. Et ça a été génial ! Ils auront tour à tour été merveilleux, drôles, touchants, surprenants, généreux… En un mot, magiques ! Et ils ont rendu cette année là particulière…

– En fait les vacances c’est nul ! Enfin les grandes, pas les petites. Les petites sont des respirations dans l’année qui font du bien à tout le monde, les grandes, c’est différent… J’ai un peu honte de l’avouer, après avoir claironné que les vacances sont inhérentes au métier de professeur et une chance, mais je ne les aime pas, celles-ci. Les grandes vacances, ça signifie devoir se séparer de sa classe. Le possessif veut tout dire, il s’agit bien de « ma » classe, de « mes » élèves et les voir partir vers d’autres horizons, c’est raide. Je le pressentais bien, mais c’est un crève cœur, un vrai deuil à faire, finalement, une vraie déprime : avoir partagé tous ces moments avec « ses » élèves pour ne plus jamais les revoir ??? Mais c’est bizarre, car le reste du monde (j’exagère un peu) nous envie d’être en vacances deux mois de suite, donc nous devrions être heureux. Ben en fait non, ça le fait juste pas !

Mais il me reste encore un certain nombre de semaines de vacances pour m’y faire et être prêt à accueillir de nouvelles classes 😉

Pour terminer, c’est un bilan positif. J’ai découvert un métier qui me plaît plutôt bien, et même si des zones d’ombres subsistent (en vrac : les programmes, notre hiérarchie, les collègues -mais pas tous, heureusement, au contraire, même !- et/ou les directeurs parfois), je sais bien pourquoi je fais ce boulot, pourquoi je viens à l’école tous les matins : les élèves. Et c’est bien pour eux que je continue en septembre !

3 Commentaires

Classé dans Au jour le jour, École

Protégé : Lé fote dortograf – 2

Cet article est protégé par un mot de passe. Pour le lire, veuillez saisir votre mot de passe ci-dessous :

Saisissez votre mot de passe pour accéder aux commentaires.

Classé dans École

Je dis musique (19)

Billet un peu particulier pour aujourd’hui qui a, dans un certain sens, une résonance avec le dernier…

On a beaucoup glosé cette semaine sur le fait que la mort de MJ avait en quelque sorte éclipsé tout le reste et notamment le décès de Farah Fawcett et celui des élection en Iran…

Il aura aussi éclipsé une autre disparition, mardi dernier, celle de Pina Bausch.

Pina Bausch était une danseuse puis une chorégraphe allemande, en danse contemporaine. Elle a surtout axé son travail sur l’expression du corps, s’affranchissant notamment des canons de physique demandés par la danse. Elle a toujours tenté de respecter, chez ses danseurs, leur physique, quel qu’il soit, ainsi que leur histoire, leurs pensées, enfin, l’ensemble de ces choses qui composent un être humain…

Cette disparition, passée inaperçue m’attriste quelque peu, c’est une figure de la danse qui s’en va en toute discrétion… J’avoue, je n’ai jamis vu le moindre spectacle d’elle, mais j’ai été, toutes ces années, loin de la danse. J’ai redécouvert la chorégraphie cette année grâce à mes élèves. J’en suis très content… Même si je pense que j’apprécie surtout la perfection du classique, peut être plus simple d’accès au départ. Il n’empêche que, pour ce « je dis musique » chorégraphique, je vous invite à découvrir Pina Bausch. Pour commencer, le Sacre du Printemps, un classique revu par sa compagnie de Wuppertal.

Wuppertal Tanztheater – Sacre du Printemps, direction Pina Bausch :

Pina Bausch est aussi à l’origine de la chorégraphie du début de « Parle avec elle » de Almodovar… Vous savez quoi, c’est aussi elle qui danse !

Pina Bausch – Habla con ella, Intro

Je vous laisse aller visiter le site d’une chorégraphe actuelle : Maryse Delente, dont j’avais vu des spectacles (Le Feu dérobé et l’Heure Bleue quand j’avais 8/9 ans, car ma mère travaillait avec elle à l’époque…). Il y a notamment quelques vidéos à visionner, et c’est ici : http://www.ciedelente.com/index-fr.php

Et enfin, pour se faire une idée de ce qu’est le classique, le vrai, rien ne vaut un bon vieux Lac des Cygnes…

Pas de Quatre – Le Lac des Cygnes – Ballet du Blochoï

Pas de deux – Lac des Cygnes

1 commentaire

Classé dans École, Musique