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Gainsbourg, vie héroïque

Je l’ai vraiment bien aimé ce film. On a beaucoup dit, et oui, Eric Elmosino est extraordinaire, il incarne vraiment Gainsbourg. Oui, Lætitia Casta (L – A – E dans l’A – T – I – T – I – A) en Bardot est… sublime. Le film est bien joué, bien vu, bien ficelé.

Déjà, au départ, Gainsbourg, je le connais pas plus que ça. De son vivant, ce dont je me rappelle, c’est qu’il n’était qu’une épave qui me rappelait bien trop mon grand’père pour que je le trouve attachant. D’aucuns le voient comme un rockeur, « le seul vrai rockeur en France » ais-je tout récemment entendu de la bouche des BB Brunes. Et là, je ne comprends pas, car, dans le fond, c’est quoi un rockeur ? Le débat est ouvert.

Bref, Gainsbourg, moi, a priori, je m’en fiche (sauf L’homme à la tête de choux… Quel album !). Je suis allé voir le film parce qu’on me l’a proposé, j’ai suivi.

Et depuis, le film m’est resté dans la tête. J’y ai pensé depuis, tous les jours. Je crois qu’en filmant cette « vie héroïque », Sfar, avec une très belle sympathie pour son personnage, nous montre un Gainsbourg échouant dans ce qu’il aurait voulu être (peintre) et réussissant dans un art qu’il n’a jamais considéré autrement que mineur (la chanson).

Un artiste raté, un héros tragique.

Le film ne saurait se regarder sans se plonger en même temps dans la BD, œuvre à part entière (et non support promotionnel habituel du genre ‘le film en BD’) et surtout excellente… Le Sfar que j’aime (et hop, dans la liste des trucs à s’offrir bientôt) !

Bref, tout plein de raison pour y aller, vraiment…

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Contaminame

J’ai découvert cette chanson dans un très joli film espagnol, Va a ser que nadie es perfecto : l’histoire de la dernière soirée de célibataire d’un aveugle accompagné de ces deux compagnons : un sourd et un unijambiste. Très chouette film…

Et donc, dans ce film, il y a cette chanson de Pedro Guerra qui me trotte dans la tête depuis que je l’ai mise sur mon ordi. Une jolie déclaration d’amour : « Contamine-moi, mélange toi à moi… »

Pedro Guerra – Contaminame

Et si vous voulez les paroles, cliquez !

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Invictus

Dans le cadre des résolution de la nouvelle année que je ne prends jamais (pas fou, le gars : on les tient pas !), je me suis dit qu’il faudrait que je sorte un peu plus cette année, sortir de cet enfermement professionnel (et personnel) de 2009.

Ca commence par le ciné. Je me suis souvent dit que j’aimerais bien voir tel ou tel film sans prendre le temps d’y aller (tellement plus simple de se dire qu’on ne l’a pas, le temps), et donc là, je me bouge un peu.

Je voulais aller voir Invictus, j’y suis allé dès aujourd’hui… et je n’ai pas été déçu !

Déjà, le rugby, j’aime bien. Je vais voir des matches quelques fois, j’ai même reçu une belle écharpe de supporter (ma première – snif !) !

Et puis Mandela… Disons que mon éveil politique s’est fait grâce à la chanson Mandela Day des Simple Minds :

Petit bout de 10 ans, j’avais été révolté par l’enfermement de cet homme, par l’Apartheid. Je me souviens avec émotion du jour de sa libération aussi, le 11 février 1990. C’était juste après les événements de 1989 : on sentait vraiment un vent nouveau se lever (un Wind of Change ?), un espoir qui allait marquer le début des années 90 et dont on a signé l’acte de décès définitif avec la nouvelle Intifada et les attentats du 11-septembre.

Tout me destinait donc à aller voir Invictus. J’avoue ne pas avoir été déçu. Le film se situe entre la libération de Mandela (joué par Morgan Freeman) et la victoire des Springboks en finale de la coupe du Monde de rugby de 1995. L’Afrique du Sud ne s’est pas soudainement réveillée de l’Apartheid en tirant un trait sur son passé. Mandela élu, les rancœurs demeurent, les divisions aussi. Et la fracture entre blancs (Afrikaners) et noirs semble béante. Le sport en est le reflet, bien entendu : le rugby est le sport afrikaner par excellence, ses joueurs sont blancs, formés dans les meilleures et les plus chères universités inaccessibles à la population noire, ses couleurs sont celles de l’Afrique-du-Sud de l’apartheid. Les noirs, eux, jouent au football.

Mandela va tout de même se servir du rugby pour essayer de fédérer la nation autour des Springboks alors même que le pays signe son retour dans le « concert des nations » en accueillant la coupe du monde de rugby de 1995. L’objectif est ici de ne pas perdre les Afrikaners, de gagner leur soutien dans l’effort de construction d’une nation. Pour l’y aider, il contacte le capitaine de l’équipe, François Pienaar (Matt Damon) qui va comprendre et aider les aspirations de son président. C’est la naissance de la Rainbow Nation, fédérée autour de son nouveau drapeau, de son nouvel hymne (chanté en 5 des 11 langues officielles) et de ses antilopes sauteuses.

Là où le film est intelligent, c’est, au delà de l’émotion qu’il s’en dégage, de montrer les difficultés qu’ont chacun à collaborer. Eastwood choisi un angle intéressant pour montrer ses difficultés : celui de l’intégration des gardes du corps de Mandela à ceux de de Klerk, des Afrikaners pur jus. Collaboration difficile et voulue par Mandela, comme dans tous les compartiments de la société. Changement radical qui est voulu et imposé d’en haut : loin d’une volonté de revanche, Mandela impose le pardon, la réconciliation, la générosité comme vertus nationales.

Un film à voir donc…

On peut aussi faire le rapprochement avec Goodbye Bafana, film de 2007 traitant de Mandela prisonnier (Dennis Haybert) et de ses rapports son geôlier (Joseph Fiennes). Très bien aussi 😉

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Des libérateurs ? La libération par l’armée du crime !

J’imagine que tout le monde connaît cette affiche et plus ou moins son slogan :

Affiche_rouge_tgd

Il s’agit de la célèbre « Affiche Rouge », placardée sur les murs de France afin de stigmatiser les actions de la Résistance intérieure qui a saboté les intérêts allemands et tué soldats et officiers.

Ce groupe, dirigé par Missak Manouchian,  appartenait aux FTP – MOI (Francs Tireurs Partisans – Main d’œuvre Immigrée) un groupe résistant communiste. Il était composé de personnes d’horizons divers : hongrois, polonais, italiens, espagnols, arméniens. Tous ont fui vers la France… Et quand vint le tour de la France de tomber, ils n’ont pu aller plus loin : ils sont resté, ont combattu, y sont morts…

Morts pour la France.

Le film de Robert Guédiguian débute sur la lecture en voix off des noms du groupe Manouchian, chacun suivi de la mention « Mort pour la France ». Car tous sont tombés pour cette France, ou en tout cas pour l’idée qu’ils s’en faisaient, ce pays des Droits de l’Homme et des Libertés, ce pays dont l’administration s’est fourvoyée en collaborant avec l’envahisseur et qui les combat désormais.

Ce groupe d’immigrés qui parlent le français entre eux, ce groupe d’immigrés à jamais entrés dans notre mémoire collective et qui a sauvé l’honneur de la France : voilà le sujet de l’Armée du Crime. Ce n’est pas un film d’action en tant que tel, plutôt une exploration de la vie de ces hommes et de ces femmes qui ont choisi un engagement total, mettant en jeu leur existence même, pour la défense de leurs idées : la vie, le bonheur et la croyance en un monde meilleur et « si nous devons tuer, nous sommes du côté de la vie », résume un personnage.

Le film se bâtit autour de plusieurs tableaux, parfois assez espacés les uns des autres. Il couvre la période 1941-1944, sans insister sur le déroulement de la « grande » histoire. Peu de dates, mais là n’est pas le propos : il s’agit d’entrer dans le quotidien de la vie à Paris sous l’Occupation (avec un grand souci d’exactitude et de reconstitution) et de ces résistants clandestins qui font le grand écart entre les risques qu’ils prennent et leur vie personnelle.

Une scène m’a particulièrement touché et résume assez bien le message de ce film. Lors d’une fête commémorant la création de la République Soviétique Socialiste d’Arménie (donc intégrée à l’URSS), après qu’on eut joué l’Internationale Missak Manouchian porte un toast en ces mots « Vive la France, vive l’Arménie, vive le mouvement international ouvrier »… Dans cet ordre là…

Finalement, ce film est un film sur l’immigration. Il insiste sur l’apport majeur de ces immigrés à la résistance française. Cet apport a été largement sous estimé, en partie à cause des efforts de réconciliation nationale menés après la guerre : il était important que les français eussent été résistants.

Et pourtant, à l’instar d’Indigènes qui montrait des combattants nord-africains dans les Forces Françaises Libres qui avaient répondu à l’appel de la « Patrie en danger », à l’instar de ces espagnols de la Nueve, cette 9e compagnie appartenant à la célèbrissime 2e DB du général Leclerc et qui ont libéré Paris (le premier char à passer la Porte d’Orléans, le 24 août 44 au soir ne portait-il pas le nom de Guadalajara ?), cette histoire de l’immigration est toute à l’honneur de notre pays. De ce qu’il a représenté pour tous ces gens, de ce qu’il devrait toujours représenter…

Pour terminer, je renvoie à la lettre que Missak envoya à sa femme, Mélinée, avant d’être exécuté.

Lettre dont Aragon fit un poème et que Léo Ferré mit en musique.

Ma Chère Mélinée, ma petite orpheline bien-aimée,

Dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. Nous allons être fusillés cet après-midi à 15 heures. Cela m’arrive comme un accident dans ma vie, je n’y crois pas mais pourtant je sais que je ne te verrai plus jamais.
Que puis-je t’écrire ? Tout est confus en moi et bien clair en même temps.

Je m’étais engagé dans l’Armée de Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la Victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n’ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu’il méritera comme châtiment et comme récompense.

Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps. Bonheur à tous… J’ai un regret profond de ne t’avoir pas rendue heureuse, j’aurais bien voulu avoir un enfant de toi, comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre, sans faute, et d’avoir un enfant pour mon bonheur, et pour accomplir ma dernière volonté, marie-toi avec quelqu’un qui puisse te rendre heureuse. Tous mes biens et toutes mes affaires je les lègue à toi à ta sœur et à mes neveux. Après la guerre tu pourras faire valoir ton droit de pension de guerre en tant que ma femme, car je meurs en soldat régulier de l’armée française de la libération.

Avec l’aide des amis qui voudront bien m’honorer, tu feras éditer mes poèmes et mes écrits qui valent d’être lus. Tu apporteras mes souvenirs si possible à mes parents en Arménie. Je mourrai avec mes 23 camarades tout à l’heure avec le courage et la sérénité d’un homme qui a la conscience bien tranquille, car personnellement, je n’ai fait de mal à personne et si je l’ai fait, je l’ai fait sans haine. Aujourd’hui, il y a du soleil. C’est en regardant le soleil et la belle nature que j’ai tant aimée que je dirai adieu à la vie et à vous tous, ma bien chère femme et mes bien chers amis. Je pardonne à tous ceux qui m’ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendus. Je t’embrasse bien fort ainsi que ta sœur et tous les amis qui me connaissent de loin ou de près, je vous serre tous sur mon cœur. Adieu. Ton ami, ton camarade, ton mari.

Manouchian Michel.

PS. J’ai quinze mille francs dans la valise de la rue de Plaisance. Si tu peux les prendre, rends mes dettes et donne le reste à Armène. M. M.

Capture d’écran 2009-09-18 à 18.50.54

PS j’ai beaucoup pensé à Pepe lors de ce film. Pepe, de son vrai nom Jose Haya Baviera (Pepe est le diminutif de Jose en Espagne) était un anarchiste espagnol immigré en France en 1938. Il avait une dizaine d’année. Il a « visité » quelques camps d’internement avant que sa mère ne trouve du travail en Ardèche. Là, à 14 ans, il entre dans la Résistance, manie la dynamite et participe à la libération de villes ardéchoises. Il devient ouvrier après la guerre.

Je me souviendrai toujours de son émotion lorsqu’il nous a raconté comment il était devenu français

Je n’ai jamais pu m’empêcher de penser que, quelque part, il était plus français que moi : il l’avait gagnée sa nationalité et ça comptait tellement pour lui…

Hasta luego, Pepe !

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Je dis musique (7,5) et un peu cinéma aussi

Séquence nostalgie pour continuer (et terminer) ce jour avec un titre dont j’ai longtemps recherché l’origine.

Bon, c’est pas terrible, comme titre, juste un  classique :

Blondie,atomic

Pas de vidéo directe sur ce titre, désolé !

En fait, j’ai mis longtemps avant de pouvoir mettre une musique sur Blondie… Je savais seulement le groupe très lié à l’image de sa chanteuse, Deborah Harry. Pas que c’était un des groupes phares de la New Wave New yorkaise, qu’ils s’étaient essayés à tout plein de trucs différents musicalement parlant… Bref, je ne connaissais pas !

Je les ai découvert en 1999 avec Maria, titre qui m’avait immédiatement accroché l’oreille à l’époque.

Blondie – Maria

Et puis il y a autre chose…

Deborah Harry est aussi une actrice. Et elle joue dans un de mes films préférés, ce genre de films qu’on voit une fois et qui plus jamais ne vous lâchent, ce genre de film dont on se souvient aux moments importants de sa vie : Ma Vie sans moi d’Isabel Coixet.

Deborah Harry y joue en effet la mère d’Ann. Depuis le temps que je me disais que je l’avais déjà vue !!

:’)  c’est bien l’effet que me fait ce film pas vraiment triste ni dramatique, plein de vie au contraire alors qu’il aborde de front le thème de la mort…

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Welcome to the french Gotham !

Sortie de centre commercial, sac de commission dans une main, sac de badminton dans l’autre, pas de tram avant 7 minutes…

Une place sur un banc, on relaxe et on regarde… Et là, que vois-je ?

Le Bat Signal sur la bibliothèque de la Part Dieu 🙂

Mon appareil photo dans la poche, je dégaine, plus rapide que mon ombre (merci la sortie DVD du Dark Knight – film à voir, par ailleurs) :

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Bon, du coup, j’en profite pour prendre d’autres photos, je vous en laisse deux que j’aime bien :
L’avancement du chantier de la tour Oxygène (Remember january 7th !)

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Et une autre avec le tram qui arrive et toujours le Bat Signal qui veille sur nous !

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Universal Private Jokes

Voici Matthias Dannreuther, mon frère. Il est comédien, acteur et il peut tout jouer !

Nous avons profité de ces vacances pour faire ne petite vidéo « suédant » bon nombre de scènes cultes de films l’étant tout autant !
Saurez-vous tous les reconnaître ??

Bon, voici la minute « Je me la pète grave » : vous avez tout à fait le droit de vous extasier sur l’extraordinaire qualité des prises de vues et autres cadrages, puisqu’ils sont de moi 😉 !
En passant, la musique, c’est Soho de Nora Orlandi.

Vous pouvez toujours voir et/ou revoir la première vidéo de Matthias Dannreuther ici !

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De la confiance en ses amis…

DISCLAIMER

** CA SPOILE À MORT**

On m’avait dit de pas y aller, mais voilà, faut que je n’en fasse qu’à ma tête…
Alors j’y suis allé, voir La Boussole d’Or, premier tome filmé de l’excellente trilogie À la croisée des Mondes de Philip Pullman.
Bon, on va pas gloser 107 heures sur les problèmes posés par l’adaptation. Il est toujours difficile et souvent très décevant de voir son imaginaire ne pas correspondre à celui du réalisateur. Mais là n’est pas la question… Certes, j’aurais pas pris la même actrice pour jouer Lyra, certes, le voix de Iorek est pas terrible, certes, Nicole Kidman et Daniel Craig sont bien dans leurs rôles respectifs…
Quoique pour Nicole Kidman, en fait… Il est vrai que je l’imaginais en Mrs Coulter sans problème (déjà en lisant, je la voyais elle, alors…) mais bon, elle est BRUNE Mrs Coulter. Détail, me direz-vous… Certes, mais tout de même !
Non, ce qui mérite coup de gueule, c’est le scénario. Adapter ne devrait pas être tromper, mais là, l’histoire se retrouve modifiée et pas qu’un peu.
Pourquoi révéler autant de choses sur le film. L’espèce de discours du début raconte trop de choses : on apprend déjà la nature de la poussière, ce qu’est l’aléthiomètre, à quoi il sert, qui peut le lire, le Magisterium, autant de choses distillées tout au long des trois tomes : le lecteur ne l’apprenant souvent qu’en même temps que l’héroïne…

Et puis, des incohérences : pourquoi aller à Svalbard avant d’aller à Bolvangar ? Ca n’a aucun sens géographique, pour commencer et aucun sens dans l’histoire tout court. Si Lyra DOIT aller chez les ours de Svalbard, c’est pour retrouver Lord Asriel qui est leur prisonnier, et donc APRÈS être allée à Bolvangar, pas avant : sa première priorité, ainsi que celle des Gitans, ce sont les enfants… De plus, si Iorek redevient roi avant Bolvangar, alors pourquoi ses ours ne sont pas avec lui pour la bataille finale ? Lorsqu’on voit l’emprise que Iorek a sur eux ensuite : les ours ayant une totale confiance en lui, leur absence est choquante !
Ensuite, pourquoi avoir passé sous silence toute la portée de la ruse de Lyra? Dans le livre, Iorek lui explique qu’un ours ne peut être trompé, au contraire des humains… Et justement, Lyra se rend compte que Ragnar souhaite devenir humain : il désire un dæemon, arbore des ornements humains. Ce ne sont pas des comportements d’ours. Elle prend alors le risque de le tromper. Sa ruse fonctionne sur un Ragnar obnubilé par la cupidité et l’envie. Rencontrant Iorek (encore grâce à une ruse, d’ailleurs…), elle lui raconte ce qu’elle a monté comme bateau. Et Iorek de ruser à son tour pendant la bataille ; l’échec de Ragnar n’en est que plus patent : il a perdu car il n’est déjà plus un ours !

Ensuite… la fin (lève les yeux au ciel !) !

AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !!!

CRIS DE RAGE !!!

Je suis atterré qu’on ait pu ainsi transformer cette histoire… Le livre se termine mal, plutôt très mal, même ! Mais là, les scénaristes ont eu la bonne idée de nous pondre un happy end incompréhensible… La dramatique fin du premier livre va diriger toute l’action des 2 livres suivants et clôturait admirablement ce tome, laissant le lecteur choqué par un dernier numéro de faux semblant ainsi qu’une Lyra seule au monde qui venait de grandir d’un coup d’un seul, ses illusions froissées et déchirées. Le sens même du livre en est changé. Cruelle, cruelle, déception !
Du coup, on doute de la volonté des scénaristes d’aller jusqu’au bout de l’histoire : ne vont-ils pas s’arranger d’un symbolisme lourd et pataud sur certaines péripéties dont le sens et l’interprétation sont assez claires ?

*s’en va pleurer de rage*

M’en fout, vais aller voir Cate Blanchett dans Elizabeth, na !

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Apocalypto

La question qui se pose à la sortie du film est : « Pourquoi ? »
Pourquoi la langue oubliée ?
Pourquoi la violence gratuite ?
Pourquoi la souffrance ?
Pourquoi avoir fait ce film ?

En ce qui concerne la langue, passons vite, c’est un peu comme la Passion, c’est seulement rigolo. Le seul truc, c’est qu’on se demande parfois si les acteurs savent vraiment ce qu’ils disent… La scène de la petite fille, véritable Cassandre, est emblématique : on a devant nous une enfant qui récite une poésie en annonant parce qu’elle ne sait pas ce qu’elle raconte…

La violence gratuite. Il s’agit d’un argument de vente du film : on y va pour voir « jusqu’où il est allé », on y va pour voir du sang. Un peu comme un porno, en fait, sauf que là, c’est du sang plutôt que du sperme.
Et ça coince un peu… Je veux dire, la violence est filmée comme partie intégrante de cette société, elle est crue (mais la violence l’est férocement, non ?) et se veut réaliste… Sauf que voilà, on passe ici la limite : la violence de ce film ne dégoûte pas, ne fait pas mal : on en rit presque. C’est un film gore et personellement, je l’ai vu comme tel. On rigole, on est impressioné de voir ce qu’il fait (Notre ami Mel, bien sûr), mais on n’est pas touché, on est loin de cette violence et loin du film, en fait. À ce titre, la scène du type qui vient de se ramasser un gros coup de massue à la tempe dont on voit la plaie qui, en plus de laisser apparaître un bout de cerveau, pisse le sang en jet est, en fait, franchement drôle : d’abord par son inutilité et aussi par son côté concours de bite : « regarde ma belle hémoglobine »…

Et la souffrance physique ? Souvenez-vous de la Passion du Christ : notre ami Mel filmait l’acceptation de la souffrance et la réalisation de soi par la souffrance, le tout passant par une soumission certaine à l’autorité (terrestre et divine à la fois dans le cas de Jésus). Il faut croire que notre ami Mel n’a pas encore fini de vider son sac. Notre héros (cf sa coolitude plus bas… J’écris en vrac, désolé !) se retrouve prisonnier et à 2 doigts d’être sacrifié sur cette foutue pyramide en escalier, comme deux de ses potes avant lui (Oui, notre ami Mel, c’est aussi Monsieur plus : « Pas un, mais deux, oui, vous avez bien lu, deux sacrifices humains ! »). C’est le héros, je veux dire, on se dit qu’il va bien devoir s’en sortir. En général, un héros, il trouve toujours une solution, il se bat et nous, le public, sommes heureux pour lui car il a réussi… Donc on pense, en toute logique, qu’il va se battre, tenter quelque chose pour sauver sa vie, ne pas l’abandonner là, sous le couteau d’un prètre malsain et sous le regard d’une foule malsaine. Et bien non ! Rien, nada, niente, nothing : il ne bouge pas, avance et se laisse coucher sur le billot comme à l’abattoir. Bon, à ce moment là intervient une péripétie digne de Hergé (je vous laisse deviner… C’est fastoche) et hop, il est sauvé : message ? Soumets toi au(x) Dieu(x) et tu seras sauvé !
Merci notre ami Mel, merci bien !
Et « Aide-toi le ciel t’aidera », ça te dit rien ?

Le pourquoi du comment ?
Je me dis toujours en allant au ciné que des gens ont dépensé des millions de $ pour que ce film se fasse : ils doivent bien vouloir faire passer un message, non ?
Certes, des films sont fait uniquement parce qu’on espère un retour sur investissement colossal (des trucs genre le Transporteur…). Mais là, franchement, un film américain tourné dans une langue que personne ne comprend : il faut bien avoir envie de dire quelque chose pour se compliquer la tâche ainsi, non ?
Alors quoi, qu’est-ce que notre ami Mel a bien voulu nous dire ?
Déjà, que la civilisation c’est mal… Enfin presque. Le héros du film, c’est un type bien : il vit dans un village, une communauté harmonieuse, il chasse, il est joueur, déconneur, il a une belle femme enceinte jusqu’aux yeux, un beau fils, c’est le fils du chef, il demande rien à personne que vivre tranquillos sur son coin de forêt, en un mot comme en cent : il est cool !
Son village aussi, il est cool : les habitants ont des rôles précis, sans qu’il n’y ait vraiment de tensions sociales…
Puis viennent les hommes de la ville, mercenaires méchants au service du pouvoir royal. La vision de la ville est effrayante : misère, faim, maladie… et richesses. La pression sociale s’impose alors et on sacrifie des humains devant le roi, offrant à la foule déchaînée ce spectacle sanguinaire (des Jeux, mais sans pain, visiblement) : le message est clair : la civilisation corrompt un état de nature originellement bon… Tiens, notre ami Mel aurait-il lu (et certainement mal interprété) son Rousseau ?? Toujours au registre de la civilisation, arrive la fin (je mets entre crochets et en tout petit le spoiler de la fin dont tout le monde se fiche éperdument tellement elle est annoncée dans le film) : [le héros est indirectement sauvé par l’arrivée des Espagnols… Quel est le message ici : la civilisation Maya pas bien et les Espagnols bien ? Sachant toute l’ampleur de la christianité de notre ami Mel, il y a de quoi se poser des questions !]

Bref, le message du film est-il que la civilisation corrompt ? Qu’il faut aller au bout de la souffrance pour se révéler enfin à soi même ? Qu’il faut se soumettre aux Dieux, au pouvoir ? Que chaque civilisation porte en elle les germes de sa destruction ?
Un peu léger, non ?

Je ne peux terminer cette longue note sans aborder 2/3 points. Tout d’abord la maîtrise technique : notre ami Mel maîtrise son art, ça se sent. Bon, ce qu’il raconte c’est bof, mais visuellement, c’est réussi : filmé en numérique, caméra portée la plupart du temps, on est près des personnages, près de leur environnement, le côté à la fois salvateur et mortel de la forêt tropicale est bien rendu, ça va vite (un peu trop parfois : en plus d’avoir un souffle à faire pâlir Zatopek, ils ont une rapidité qui n’envie rien à celle de Michael Johnson !).
Sinon, que dire de la volonté de réduire les Mayas à ça : 3 pyramides desquelles coulaient des flots de sang ?

Je vous mets en lien l’excellent article de mon distingué confrère snake qui synthétise bien ce que nous en avons dit à la sortie du film (à ceci près qu’il a plutôt aimé et moi pas !)

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Le Héros de la Famille

Comment survivre à la mort du père ?
C’est là tout l’enjeu de ce film français (et ce n’est pas péjoratif…), très bien interprété (mention spéciale à Claude Brasseur, Gérard Lanvin, Miou-Miou, Emmanuelle Béart, Géraldine Pailhas… Bon, tout le casting en fait :p ).
L’histoire ? Gabriel Stern, ou plutôt Gabrielle (Claude Brasseur), patron du casino « le Perroquet Bleu » à Nice décide de s’en aller (« mes souvenirs partaient… j’ai voulu partir avec eux » explique-t’il). Sa famille (celle que l’on choisit…) se retrouve autour du cercueil. Ce n’est pas l’heure des règlements de comptes, mais plutôt celle de faire le point sur sa vie… Aller de l’avant. Forcément des accrochages, des retrouvailles, des rancœurs, des joies, des secrets inutiles percés à jour… la vie, quoi !
Le film se laisse regarder, sans être transcendant : un bon film du dimanche soir à la télé, en quelque sorte. Les dialogues sont bons, quelques jeux de mots recherchés et plaisants.
Bref, une bonne impression générale, mais est-ce assez pour payer les presque 9 € que coûte la place (merci la carte illimité, en passant !) ?

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