Être de gauche…

Article un peu en relation avec l’élection d’Amir Khadir à Montréal

Son parti, Québec Solidaire, passe pour être d’extrême gauche, on entend socialisme, voire même, ô suprême insulte en Amérique du Nord, communisme à son propos. J ene cherche pas à savoir ce qu’il en est réellement de Québec Solidaire, puisque je n’ai pas suivi la campagne ni même les discours de M. Khadir et que, pour être honnête, j’en ai appris l’existence que le soir de son élection…

Non, ce qui m’a interpellé, c’est cette question : être de gauche, c’est quoi ?

Si je cherche à me définir politiquement, en vrac, je dirais que : 

je suis pour l’avortement et le droit fondamental pour chaque être humain de choisir librement quoi faire de son corps

je pense que

je ne suis vraiment libre que lorsque tous les êtres humains qui m’entourent, hommes ou femmes, sont également libres. La liberté d’autrui, loin d’être une limite ou une négation de ma liberté, en est au contraire la condition nécessaire et la confirmation. Je ne deviens vraiment libre que par la liberté des autres, de sorte que, plus nombreux sont les hommes libres qui m’entourent, et plus étendue et plus large est leur liberté, plus étendue et plus profonde devient la mienne (Bakounine)

Je suis pour l’égalité femmes-hommes

Je pense qu’il ne devrait y avoir que très peu de lois et qu’on devrait laisser les gens décider par eux même (exempel de la Sécurité Routière : au nom de quoi rend-on obligatoire la ceinture de sécurité -ou le casque du motard- au delà de l’âge de la majorité : à partir du moment où la loi reconnait l’individu comme responsable, il a le droit de vouloir prendre des risques s’il le désire. Libre à chacun de la mettre ou pas… Il faut que la possibilité existe, mais pas l’obligation)

Je pense que les prisons ne devraient pas exister et que chaque être humain est éducable

Je pense que l’école doit former le citoyen pensant et agissant au sein de sa société, qu’elle doit œuvrer à la trasformer et non  à la reproduire

Je suis contre la peine de mort

Je suis pour l’autonomie des personnes, en ce sens, l’existence d’un état omniprésent et omnipotent est une hérésie ; je pense aussi que le rôle de l’état devrait être principalement d’aider les gens qui en ont besoin (contradcitoire ?) et qui en font la demande

Je suis pour le mariage gay, au nom, toujours de l’autonomie et de l’égalité : pourquoi empêcher à une certaine catégorie de la population un service disponible à d’autres ? Au nom de quoi un état laïc devrait défendre que le mariage est l’union d’un homme et une femme ? Le mariage est une possibilité offerte aux citoyens, il ne devrait pas être réduit à une part de ceux là, fût-elle largement majoritaire.

Je ne suis pas sûr de croire en la démocratie. Elle n’est que le moins pire des régimes.

Je pense que l’Union Européenne pourrait être une bonne chose si elle garantissait un processus d’intégration politique et qu’à terme les états se dissolvent en elle : une entité politique, de multiples entités culturelles (un peu comme la Catalogne en Espagne : partie intégrante et importante du pays, elle n’en est pas moins une culture et une langue distincte… Le devenir du Québec qu Canada ?)

Je pense que nptre système économique n’est pas adapté et ne sert qu’à enrichir les plus riches et à laisser les pauvres pauvres, tout en leur donnant une illusion de richesse et de confort (« Everybody knows the poor stays poor, the rich gets rich« ) et qu’on pourrait, a minima, mettre en place un système visant à ne laisser personnes « à la rue ». Il me semble que des économistes comme Joseph Stiglitz ne disent pas le contraire (et certainement bien mieux que moi !).

Il me semble oublier plein de choses…

Dans le même temps, je dois confesser que je suis un peu (beaucoup) matérialiste -mais beaucoup moins qu’il y a ne serait-ce qu’une ou deux années-, que j’apprécie mon relatif confort matériel : j’écris ces lignes de mon ordinateur, je vais certaienemnt répondre à des commentaires (dont quelques uns que j’attend avec impatience !) via mon iPhone dernière génération ; j’ai une voiture, une machine à laver, mais des ampoules basses consommation (ouf, l’honneur est sauf) !

Être de gauche, n’est-ce pas aussi tenter de mettre en adéquation idéaux et actions ?

Et pour vous, c’est quoi être de gauche ?

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11 Commentaires

Classé dans politique, Uncategorized

11 réponses à “Être de gauche…

  1. J’ai voté pour Khadir!
    …et mon téléphone n’est toujours pas sous écoute.

    Pour la première fois j’ai hésité jusqu’à la dernière minute à faire mon choix. Puis, je me suis dit que, si on ne commencait pas par en élire un seul (député), ça ne changerait jamais. Ce qui me plaît dans ce QS, c’est qu’ils sont deux à la direction et, de surcroît, une femme et un homme.

    Tristement – et je n’aime pas le dire (ici, je remet le « – » ou autre chose?), le PQ semble en plein délire genre phase terminale et personne, y comprit bibi, ne comprend pourquoi Gilles Duceppe n’a pas et/ou ne prend pas la direction de ce parti. Pour l’instant, ce serait la seule façon de gagner un référendum. En attendant que QS prenne le pouvoir.

    Sinon, j’imagine que tu ne t’attends pas à ce que je te livre mon avis sur cet ôsti de pourri de Harpeur et sa gang de pétroleux merdiques de l’ouest, hein?

    Bisou.

  2. glaboin

    Je vais dévier un peu du sujet car je ne connais pas suffisement la politique québecoise pour en parler.

    Je pense que l’orientation politique ne se définit pas selon un seul axe gauche/droite, mais aussi selon un deuxième axe libertaire/autoritaire.
    Pour ma part, je ne me définis plus comme « de gauche », mais comme de « gauche et libertaire ». D’ailleurs, il me semble que la plupart des idées que tu évoques ici sont plus libertaires que de gauche.
    On associe souvent gauche avec libertaire et droite avec autoritaire, mais ce n’est pas toujours vrai. En effet, certaines personnes de droite, mais libertaires (c’est rare, mais ça existe) sont en faveur du mariage gay, de l’égalité homme-femme, etc…
    Il me semble qu’être de gauche, c’est plutôt être pour une meilleure répartition des richesse. On ne peut pas nier que le régime soviétique était de gauche. Mais il était de gauche autoritaire, c’est ce qui fait toute la différence.

    Pour la petite pique, je pense que le PS est toujours un parti (un peu) libertaire, mais qu’il n’est plus vraiment de gauche, puisqu’il a abandonné l’idée que « notre système économique n’est pas adapté » (sic).

  3. j’aimerais bien te faire une belle réponse, mais je ne sais même pas si je suis de gauche en vrai. Je trouve ça un peu compliqué ce coup de se mettre des étiquettes. D’une certaine façon c’est comme la classification des livres de SF (« ah non monsieur, ce n’est pas du « space opera » mais de l' »uchronie martienne »).

  4. @mon ex beau… Il est chouette ton blog, dis donc !

    @glaboin je ne sais aps si être pour le mariage gay est être « libertaire ». Il ememble me souvenir des larmes de Roselyne Bachelot au pupitre de l’Asemblée Nationale lorsqu’elle était une des seules personnes de droite à défendre le PACS et qu’elle devait suir les sorties homophobes primiares de bien de ses collègues. Pourtant, appeler Roselyne Bachelot « libertaire », me semble excessif…
    Non, ce que je voulais montrer avec ce billet, c’est que je me dis « de gauche », « libertaire » aussi, peut être, mais que ces classifications (@darwinara) sont certainement plus pratiques que réelles…
    Donc je repose la question : être de gauche, c’est quoi ?
    @darwinara (bis) il me semble que tu es un peu de gauche quand même, hein…

  5. Vanessa

    Coucou,

    être de gauche aujourd’hui, est-ce que cela veut encore dire quelques chose ? Les idées du PS sont-elles si éloignées de celles du MODEM ou de l’UMP (bon un peu, mais pas autant que cela devrait être).
    Pour moi, être de gauche, c’est avant tout ne pas imposer mes idées aux autres, être solidaire et surtout m’impliquer contre les inégalités sociales et économiques.
    Mais après tout, peut-être que chacun peut avoir sa propre définition…

  6. @Vanessa Je propose qu’on définisse comme base de travail le fait que non, le PS n’est décidémment pas de gauche 😉
    Pour le reste, je plussoie avec conviction !

  7. Nico le croco

    Vaste sujet que tu nous poses là Rampa !
    Je t’avoue que lorsque je dois expliquer à mes 3° la différence entre la Gauche et la Droite je suis un peu embetté.

    Quand je lis tes idées, je me dis que ça se rapproche pas mal du courant libertarien aux Etats-Unis. Ce sont des libertaires de droite (et oui, ça existe !).
    Pour ma part, et cela ne va pas te surprendre, je ne suis pas dans la même gauche que toi. Pour ma part, je trouve que l’Etat, la loi sont des concepts incontournables. Ils sont là pour défendre les plus faibles et imposer une solidarité entre citoyen. S’il n’y a pas d’Etat, pas de loi, c’est la loi de la jungle. C’est le système économique actuel et l’on voit où ça nous a mené !
    Je me reconnais dans une Gauche Républicaine qui défend les idées qui ont été défendue par une partie de la gauche depuis de la Révolution et par des francs-tirueurs comme De Gaulle : la laicité, la défense du pacte social (dont la dernière mouture est le programme du CNR), le rôle primordial accordé à l’Ecole publique (le privé ne devrait fonctionner qu’avec des fonds privés), des services publics puissants. Et puis, et c’est mon coté gaulliste, je rajouterais l’indépendance de notre pays (on ne doit pas devenir le petit chiens des Etats-Unis) et la puissance française (la France, comme les USA, a un message a porté dans le monde).
    Comme tu le sais Rampa, notre pays, dans toute son histoire, n’a pas une grande tradition politique libertaire. Pour reprendre la phrase de Chateaubriand, dans notre devise, les Français mettent l’accent sur l’Egalité (alors que les Américains mettent l’accent sur la liberté). Je pense donc que c’est plus sur une base républicaine que libertaire que la Gauche peut revenir au pouvoir.
    Par contre, je trouve ta vision sur les prisons assez utopique: la prison est quelque chose, malheureusement, de nécéssaire. Ce qui veut dire que l’on doit mettre fin à la situation scandaleuse qui règne dans nos prisons !
    Te voila donc devenue proche de l’anarchisme (par les idées) et citant Bakounine ! Tu as bien évolué politiquement ! Je ne n’oublie pas que c’est toi qui m’a fait découvrir un des livres les plus importants dans mon itinéraire politique : »ode à l’homme qui fut la France » de Romain Gary !
    Au fait, Rampa, quels sont les hommes politiques ou penseurs depuis le XIX° siècle dans lesquel tu te reconnais ? Dans mon cas se serait Rossel, Clemenceau, De Gaulle, Jean Moulin et Regis Debray !
    Passes de bonnes vacances !

  8. Ah ah ah, j’attendais ton commentaire avec une certaine impatience !
    Ca fait bien longtemps que nous savons tous deux que nous ne faisons pas partie de la même gauche, il me semble…
    Pour moi, la puissance française, je m’en fiche un peu. Je trouve même qu’il serait plus que temps que la France accepte son rôle de puissance moyenne régionale, mais animant un ensemble qui peut devenir bien plus et cesse de rêver à sa gloire passée.
    En ce qui concerne les prisons, je sais que c’est utopique, mais si on y réfléchit bien, la plupart de nos détenus n’ont rien à faire dans nos prisons. Ils ont commis un acte qui exige réparation car il a nuit à autrui. Misons alors sur l’éducation et la possibilité pour chacun de comprendre les enjeux du contrat social. Ne les enfermons pas à tuer l’ennui jour après jour après jour après jour… Restent les fous : ils doivent être soignés, pas simplement enfermés… C’est là un autre débat !

    Dure et rude question sur les penseurs en lesquels je me reconnais. Les tiens te font pencher vers un certain autoritarisme (tout de même Clémenceau et De Gaulle !!) ou disons un « pouvoir fort ».
    Les miens…
    Je pense à Salvador Allende, George Orwell (pour son Hommage à la Catalogne), Victor Hugo, John Dewey…
    Mais je n’ai pas de liste aussi arrêtée que toi, n’y ayant jamais vraiment réfléchi !

  9. Nico le croco

    Ton message m’a poussé à relire un article de Pierre Viock publié par l’Histoire, il y a quelques années. Il voit, historiquement, 4 familles de gauche: la gauche républicaine, la gauche socialiste, la gauche communiste et l’ultragauche (qui n’a rien à voir avec ce que MAM a en fait !). Article très intéressant !
    Je suis tout à fait pour un Etat puissant (quand tu parles d’autoritarisme). Je te rappelle que c’est sous ces deux personnages que tu trouves autoritaires (même si Clemenceau a commencé à l’extrême-gauche) que les Français ont gagnés pas mal de droits ! N’oublie pas qu’en France, l’extrême-gauche n’a jamais fait gagné de nouveaux droits à la population ! Mais là je sens que je deviens politique !
    Ta liste est intéressante. Mais c’est qui John Dewey ? Allende pourquoi pas. C’est vrai que c’est un martyr. Mais quand on regarde l’action de son gouvernement. Je pense que s’il avait manoeuvré un peu plus subtilement, il aurait pu empêcher l’arrivée du boucher Pinochet.
    Quand à ma liste, j’avais oublié 2 personnages: Gambetta (je te conseille la dernière biographie sortie sur lui, elle est très intéressante) et, comment j’ai pu l’oublier, Charles Peguy !!!
    Sinon, pour finir, comme tu le dis, nous savons tous les deux que nous ne faisons pas partie de la même gauche. Mais l’essentiel, c’est que nous puissions en discuter intelligement en sachant voir les faces sombres de nos courants indéologiquement. Ca c’est cool. Car malheureusement, quand on discute avec de nombreuses personnes, chacun a l’impression de détenir un morceau de LA vrai gauche !!!
    A +

  10. baci

    mais moi, je veux qu’on impose le casque et la ceinture parce que je n’ai pas envie de cotiser à la sécu pour payer des soins hors de prix aux connards qui prennent le volant bourrés, sans ceinture et qui s’en sortent…

    ok pour faire peu de lois, des lignes directrices mais alors, responsabilisons jusqu’au bout : je n’ai pas droit à une greffe du foie si je suis alcoolique…

  11. @ nico le croco John Dewey est un chercheur américain qui a travaillé dans la pédagogie. Il a eu l’extrême chance de pouvoir mettre en pratique ses théories au sein de l’Université de Chicago où il pu ouvrir une école. Son mouvement est parfois appelé « École de Chicago ».
    Pour résumer, il est le principal promoteur de la pédagogie du projet et pense que l’école publique se doit de former des citoyens qui pourront ensuite transformer la société. À bien des égards, il me sert de guide dans ma pratique pédagogique quotidienne, d’objectif à atteindre. Je sais que je suis très loin d’y arriver comme je le souhaiterais, mais garder tout ça en tête me permet d’avoir un but et c’est très structurant.
    Plus d’info sur John Dewey (en .pdf)

    @Baci Je me demandais quand quelqu’un pointerait cette principale faiblesse de mon exposé et surtout cette principale contradiction. Tu as raison : si tu choisis de ne pas mettre de casque et que tu survis à un accident, à partir du moment où tu avais le choix, c’est donc que tu as assumé le risque et dans ce cas là, l’état n’a pas à payer pour toi. Mais j’ai aussi dans l’idée que l’état doit justement être là pour soigner, éduquer, nourrir ceux qui en ont besoin.
    Bref, d’un côté je souhaite un état faible voire inexistant, et d’un autre un état providence (donc omniprésent).
    Je ne suis toujours pas sorti de cette impasse philosophique, mais je cherche encore 😉 !

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