Y.

J’imagine que dans le boulot que je fais, on est plus ou moins touché par les élèves que l’on croise. Soyons honnêtes, la plupart sont oubliés bien vite…

Mais pas tous !

Ces deux dernières semaines, j’étais dans une classe un peu particulière. Il s’agissait d’une classe à horaire aménagés pour la musique. Du coup, j’avais d’un côté mes élèves musiciens, sélectionnés par le Conservatoire pour suivre des cours avec une très forte dominante musicale (les 2/3 de la classe) et de l’autre, des enfants de la cité voisine. D’un côté, une certaine idée d’une élite scolaire, de l’autre, la cité…

Dans ces élèves de la cité, j’en ai croisé un, je sais qu’il me marquera longtemps. Un de ceux qui justifie à lui tout seul tout le mal que l’on se donne, tous ces matins où on a du mal à se lever, à « y aller ». D’origine immigrée (comment on dit en politiquement correct, déjà ?), son comportement et ses résultats scolaires le rangent dans cette catégorie un peu particulière, un peu fourre tout,  des « élèves en difficulté ».

C’est vrai qu’il est exaspérant parfois (souvent ?), c’est vrai qu’il a du mal, mais, loin de l’image stéréotypique du « zouzou » des banlieues, j’ai découvert en lui un enfant volontaire, agréable, communiquant (et très bavard 😉 ), souriant, drôle, punché… Incontestablement, il est devenu un de mes « préférés », même si je suis toujours resté exigeant avec lui (on reste pro, hein !).

Vous imaginez ma surprise et mon émotion lorsqu’il est venu m’offrir une tartelette au citron (fort bonne par ailleurs) ce matin, « parce que tu pars ce soir », qu’il m’a dit…

Franchement, je lui souhaite de s’en sortir, je sais que ça sera pas facile et j’aurais aimé pouvoir encore un peu l’accompager sur ce chemin. Je ne le pourrais pas…

Je crois que c’est le plus dur dans ce rôle de remplaçant : se séparer d’une classe. À partir du moment où le rempalcement excède une semaine, on prend ses habitudes, on s’attache… et il faut partir ! À chaque fois, ces instants où l’on a fini de ranger sa classe, le tabeau effacé, on ferme la porte, ben à chaque fois, ça fait quelque chose…

Heureusement que l’administration ne nous laisse pas le temps de respirer et nous plonge dans une nouvelle aventure très vite !

La suite lundi, du coup…

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2 Commentaires

Classé dans École

2 réponses à “Y.

  1. Michelle Chanonat

    honnête avec deux N, dans le premier paragraphe…

    Moi j’ai très hâte que tu arrêtes d’être remplaçant pour t’investir dans une classe, parce que je pense que les enfants le méritent.
    Quand je lis l’histoire de la tartelette au citron, je regrette que cet enfant ne passe pas plus de temps avec toi…

  2. Corrigé…
    En réalité, je ne sais pas trop ce que je veux encore : j’aime bien la (relative) légèreté avec laquelle je peux exercer pour l’instant du fait d’être remplaçant, justemment : pas de responsabilité d’une classe, la possibilité offerte de se planter complètement sur une séquence et savoir que c en’est pas grave…
    D’un autre côté, j’aimerais aussi m’investir…
    Du pour et du contre, comme toujours !

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